Droit de réponse de la Mairie d’Orléans


Suite à l’article intitulé « La nouvelle féodalité » de Monsieur Didier Rykner, et conformément à la liberté d’expression que ce dernier dit défendre, la Mairie d’Orléans tient à faire une mise au point et rétablir la vérité.

Monsieur Rykner évoque le soi-disant mépris des maires pour les règles juridiques. Il n’est manifestement pas au fait en ce qui concerne l’installation desdites colonnes fleuries. Ces éléments temporaires de mobilier urbain ne nécessitent aucune autre autorisation que celle des propriétaires des façades concernées. Chacun d’eux a d’ailleurs consenti à l’installation de ces colonnes particulièrement appréciées par les Orléanais.

D’autre part, concernant la rue des Carmes, voilà 4 ans que la Mairie a toujours gagné devant la justice. Encore récemment, par décision du Tribunal Administratif en date du 02 avril 2013, le caractère d’utilité publique du projet d’élargissement de la rue a été validé par le juge et l’arrêté ministériel pour l’essentiel annulé, également devant le juge, conformément à la demande de la mairie. Au final, qui méprise les décisions de justice ? Les maires ou Monsieur Rykner ?

Monsieur Rykner se permet également de préjuger de la prochaine élection municipale à Orléans en écrivant que « Serge Grouard... risque malheureusement d’être réélu ». Même si tel était le cas, est-ce à dire que Monsieur Rykner ne respecte pas plus la démocratie que la justice ?

Enfin, les propos de Monsieur Rykner ne peuvent faire écho sur le territoire d’Orléans. Les habitants et visiteurs constatent, jour après jour depuis douze ans, l’engagement de Serge Grouard, de son équipe municipale et des agents de la Mairie d’Orléans pour le patrimoine de leur ville. La rénovation des façades à pans de bois, de monuments classés comme l’ancien évêché, l’hôtel Dupanloup, le château de la Motte-Sanguin, la bibliothèque Hardouineau, la création d’une Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager, sont autant d’exemples d’actions menées à l’initiative de la Mairie d’Orléans et en étroite collaboration avec les services de l’État eux-mêmes. Comment parler d’indifférence ?
Ces travaux de restauration patrimoniale font aujourd’hui le rayonnement d’Orléans, une ville qui accueille chaque année davantage de visiteurs et fait la fierté de ses habitants.

M. Rykner reste le commentateur lointain d’une région dont il semble tout ignorer. Il devrait revenir à Orléans, à moins qu’il ne craigne de se laisser séduire par le charme d’un territoire dont l’évolution se fait en harmonie avec l’histoire.

Le communiqué original peut être consulté ici.

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Notre réponse à ce droit de réponse

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Rue des Carmes à Orléans
À droite, maison devant être détruite
Photo : Didier Rykner

Monsieur Grouard me lit mal, ou feint de mal me lire : mon éditorial n’indique aucunement que, dans le cas de la rue des Carmes, il ait jamais perdu devant la justice ou qu’il ne respecterait pas ses décisions. Encore heureux que, jusqu’à présent, il n’ait pas démoli des immeubles auxquels il n’a pas le droit de toucher. Je m’inquiétais simplement de son obsession à obtenir le droit de détruire une partie d’une rue ancienne dans une Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager, et surtout du risque de parvenir à ses fins en obtenant d’un État souvent défaillant – c’est le cœur de l’article – ce qui lui a été toujours interdit. Le permis de démolir ayant été refusé par l’Architecte des Bâtiments de France, Monsieur Grouard compte sans doute le demander et le redemander jusqu’à ce qu’il obtienne son accord ou celui de son successeur, exactement comme il a obtenu que la déclaration d’utilité publique, refusée une première fois, lui soit finalement accordée.

Pour ce qui concerne la rue Jeanne-d’Arc, nous avons déjà démontré dans notre premier article que l’autorisation de travaux sur monuments protégés était obligatoire, contrairement à ce que prétend Monsieur Grouard. C’est l’avis de la Direction Régionale des Affaires Culturelles et du préfet du Loiret qui, comme nous le disions, dans un courrier du 3 janvier 2012 lui rappelait que ce projet nécessitait « l’accord de l’administration des monuments historiques » et plus largement une « autorisation spéciale au titre de la ZPPAUP ». Accord et autorisation qui n’ont jamais été demandés ni obtenus.
Nous sommes là parfaitement dans le cadre de ce que nous dénonçons : Monsieur Grouard ignore, dans ce cas précis, les règles du code de l’urbanisme et, bien que constatant qu’il est dans l’illégalité, l’État, représenté par le préfet du Loiret, le laisse faire.

Monsieur Grouard se prévaut dans sa lettre de certaines réalisations pour le patrimoine de sa ville. Il a raison, et il ne lui aura sans doute pas échappé que dans mon article daté du 28 février 2012, j’écrivais : « Il est indéniable qu’une partie non négligeable de la ville d’Orléans a été restaurée de manière tout à fait satisfaisante, en retrouvant sous les crépis les façades des XVIe et XVIIe siècle. » Je demandais cependant : « En quoi les restaurations passées excuseraient-elles la mairie de son projet de démolition ? » Cette question est toujours d’actualité.

Deux maisons ont été inscrites monuments historiques. C’est un fait. L’obsession de Monsieur Grouard à aligner la rue alors qu’il ne peut pas détruire ni bouger ces maisons n’obéit plus à aucune logique – à supposer qu’il y en avait une auparavant - à moins de lui prêter des motivations peu avouables, ce que nous nous garderons de faire. L’évolution d’Orléans se fait en harmonie avec son histoire dit Monsieur Grouard ? Il est dommage que pour la rue des Carmes il choisisse comme référence les périodes les plus sombres de celle-ci.

Didier Rykner

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La Tribune de l’Art, jeudi 23 mai 2013





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