Une nouvelle sculpture de George Minne pour Boston

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16/5/25 - Acquisition - Boston, Museum of Fine Arts - Le département européen du Museum of Fine Arts de Boston s’est récemment enrichi d’une nouvelle sculpture de George Minne, Le petit porteur de reliques en pierre bleue (ill. 1 à 3). Il rejoint dans les collections L’homme à l’outre, un plâtre exactement contemporain du sculpteur belge acheté auprès de la galerie Richard Nagy à Londres en 2019, une acquisition dont nous n’avions pas parlé et que nous reproduisons donc ici (ill. 4). Était par ailleurs déjà conservée une estampe de l’artiste dont le célèbre œuvre sculpté ne doit pas faire oublier qu’il fut aussi un dessinateur et un graveur prolifique, qui illustra notamment les ouvrages de ses compatriotes les écrivains symbolistes Grégoire Le Roy, Maurice Maeterlinck et Émile Verhaeren. Le petit porteur de reliques a été acquis auprès de la galerie Agnews à Bruxelles dont on se souvient qu’elle l’avait présenté sur son stand à la Tefaf 2024.


1. George Minne (1866-1941)
Le petit porteur de reliques, 1897
Pierre bleue - 67 × 19 × 38 cm
Boston, Museum of Fine Arts
Photo : Agnews

Comme le précise la notice de la galerie [1], la sculpture acquise par Boston, signée « G MINNE » sur le côté droit de la base, est l’une des trois versions connues du Petit porteur de reliques exécuté en pierre bleue et la seule à nous être parvenue. Nous savons des deux autres versions que l’une fut présentée au Salon de La Libre Esthétique à Bruxelles en 1898, avant d’être reproduite - on suppose qu’il s’agit de la même - dans un article de Julius Meier-Graefe paru dans la revue allemande Pan en avril 1899 puis dans la revue de la Sécession viennoise Ver Sacrum en 1901, tandis que l’autre figure dans le catalogue de l’œuvre de l’artiste établi par Léo Puyvelve en 1930, répertoriée comme non localisée.


2. George Minne (1866-1941)
The Small Relic Bearer, 1897
Bluestone - 67 × 19 × 38 cm
Boston, Museum of Fine Arts
Photo : Agnews
3. George Minne (1866-1941)
Le petit porteur de reliques, 1897 (détail)
Pierre bleue - 67 × 19 × 38 cm
Boston, Museum of Fine Arts
Photo : Agnews

Plusieurs autres versions en marbre et en bronze sont par ailleurs connues, de format identique ou de plus grandes dimensions. Le grand porteur de reliques - d’un tiers plus haut - présente des variantes, notamment au niveau du positionnement des bras, la tête baissée étant cachée dans le creux du coude gauche. Des versions figurent en collections publiques belges, dans les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles, au Musée royal des Beaux-Arts d’Anvers, au Musée des Beaux-Arts de Gand, au Musée Dhondt-Dhaenens ou au Museum van Deinze en de Leiestreek. La galerie précise par ailleurs que l’emploi du calcaire bleu, portant à sa surface des marques d’outils dessinant un fascinant réseau de motifs ondoyants, est rare mais pas exceptionnel dans l’œuvre de l’artiste qui le retint notamment pour un Couple enlacé du Musée royal des Beaux-Arts d’Anvers ou un Saint Jean-Baptiste du Musée des Beaux-Arts de Gand. En revanche, Le petit porteur de reliques semble être la seule sculpture pour laquelle plus d’une version en pierre bleue fut réalisée.


4. George Minne (1866-1941)
L’homme à l’outre, vers 1897
Plâtre - 67,5 × 43,5 × 28,5 cm
Boston, Museum of Fine Arts
Photo : Boston, Museum of Fine Arts

Loin d’être un sujet isolé dans l’œuvre de George Minne, cette frêle figure de jeune homme nu agenouillé et pensif en constitue un leitmotiv mis au point au cours de la décennie 1890 puis inlassablement décliné. Inaugurèrent cette série de personnages infléchis Homme et femme agenouillés en 1889 puis Saint Jean-Baptiste en 1895. Vint en 1896 L’Agenouillé, dont le Metropolitan Museum of Art de New York et l’Art Institute de Chicago ont chacun récemment acquis un marbre de petit et de grand format (voir les brèves du 6/7/19 et du 21/7/23), qui inspira Le Petit porteur de reliques dont la première mention, nous l’avons vu, remonte à 1898. Suivi cette même année L’Homme agenouillé à la Fontaine et enfin en 1900 la Fontaine des Agenouillés dans laquelle cette figure est répétée cinq fois, empruntant à Rodin, par ailleurs représenté dans les collections du Museum of Fine Arts de Boston, l’idée de la répétition de plusieurs figures identiques.

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