Trois tableaux anciens pour le Musée National d’Histoire et d’Art du Luxembourg

Didier Rykner

14/4/19 - Acquisitions - Luxembourg, Musée National d’Histoire et d’Art - Le Musée National d’Histoire et d’Art du Luxembourg s’est récemment enrichi de trois peintures grâce à la générosité de la Fondation La Marck.


1. François Perrier (1594-1649)
Hercule et Omphale, vers 1646
Huile sur toile - 98 x 135 cm
Luxembourg, Musée National d’Histoire et d’Art
Photo : MNHA/Tom Lucas
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2. François Perrier (1594-1649)
Les Adieux de saint Pierre et saint Paul, vers 1646
Huile sur toile - 74,5 x 110 cm
Rennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : RMN-GP/A. Beaudoin
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Chronologiquement, la première est une toile de François Perrier vendue par la SVV Leclère à l’hôtel Drouot le 4 juillet 2018 pour 195 000 € hors frais (ill. 1). Cet Hercule et Omphale avait été prêtée de 2002 à 2007 au Fogg Art Museum de Harvard où Alvin Clark, spécialiste de l’artiste, est conservateur. On y voit le héros mythologique condamné à l’esclavage chez la reine de Lydie ; celle-ci se fait vêtir de la peau de lion tandis qu’elle travestit Hercule en femme et lui tend un fuseau pour ses travaux de laine.
Le tableau, classicisant et relevant de ce qu’on appelle l’atticisme parisien, date des environs de 1646, une date comparable à celui conservé au Musée des Beaux-Arts de Rennes, Les Adieux de saint Pierre et saint Paul (ill. 2).


3. André Bouys (1656-1740)
Le Déjeuner du peintre, vers 1737
Huile sur toile - 50 x 61 cm
Luxembourg, Musée National d’Histoire et d’Art
Photo : MNHA/Tom Lucas
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Le deuxième tableau est une œuvre d’André Bouys, un élève de François de Troy qui mérite réellement d’être redécouvert tant il peut se montrer à l’aise dans le domaine du portrait (voir cet article sur la National Gallery) ou, comme ici, dans celui de la nature morte vers lequel il se tourna à la fin de sa vie, en même temps que vers les scènes de genre. Cette toile a été vendue par la SVV Thierry de Maigret à Paris le 13 juin 2018 pour 48 032 € (avec les frais). Intitulée Le Déjeuner du peintre en raison du chevalet sur lequel se trouve un tableau que l’on voit à l’arrière-plan, cette nature morte correspond au « surprenant modernisme » dont parle Michel Faré dans son article paru sur le peintre en 1960 dans la Revue des Arts-Musée de France où il le compare à Jean-Étienne Liotard [1]. L’œuvre, que l’on peut situer vers 1737, avec sa composition en désordre et très triviale (la nappe froissée, les miettes qui restent dans l’assiette, le reste de vin dans le verre…), pourrait presque dater de la seconde moitié du XIXe siècle.


4. Jean-François de Troy (1679-1752)
Suzanne et les vieillards, vers 1648
Huile sur toile - 98 x 135 cm
Luxembourg, Musée National d’Histoire et d’Art
Photo : MNHA/Tom Lucas
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5. Jean-François de Troy (1679-1752)
Suzanne et les vieillards, vers 1648
Huile sur toile - 95,6 x 126 cm
Puerto Rico, Museo de Arte de Ponce
Photo : Museo de Arte de Ponce
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Enfin, la troisième toile est un Suzanne et les vieillards de Jean-François de Troy, de 1748, acquise à Londres chez Christie’s le 8 décembre 2017, pour 32 500 £ (avec les frais) comme œuvre de l’atelier, l’original étant censé se trouver au Museo de Arte de Ponce à Puerto Rico, en compagnie de son pendant Loth et ses filles. Mais, comme l’explique l’article auquel nous faisons référence dans la note 1, ces deux tableaux, d’abord séparés, n’ont été réunis que tardivement par le collectionneur qui les a offerts en 1965 au musée de Puerto Rico. Or, le Suzanne et les vieillards ne fait que 126 cm de large, alors que l’autre en mesure 135, comme celui acquis par le MNAH. Il semblerait donc que l’original soit bien ce dernier, et celui du Museo de Ponce plutôt une réplique.

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