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Tintoretto

Benjamin Couilleaux

Rome, Scuderie del Quirinale, du 25 février au 10 juin 2012.

1. Jacopo Robusti, dit il Tintoretto (1518-1594)
Autoportrait, vers 1546-1547
Huile sur panneau - 45,7 x 36,8 cm
Londres, Victoria and Albert Museum
Photo : Victoria and Albert Museum
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Tandis que Titien et Véronèse avaient fait l’objet de plusieurs expositions monographiques ces dernières années, Tintoret, l’autre figure de la « Trinité » de la peinture vénitienne du XVIe siècle, semblait plutôt boudé. Difficulté voire impossibilité d’évoquer ses grands décors ? Style de prime abord moins séduisant et « facile » que ses illustres contemporains ? Complexité du choix des œuvres dans un corpus pléthorique et à vrai dire inégal ? Quelles qu’en soient les raisons, après la grande rétrospective vénitienne de Ca’Pesaro en 1937, il fallut attendre exactement 70 ans pour que le Prado ose une nouvelle manifestation tintoretesque. Si nous n’avions pu voir l’exposition madrilène, une lecture attentive du catalogue et la recension publiée sur ce site nous en ont fait penser le plus grand bien. Hélas, on ne saurait en dire de même de la manifestation actuellement aux Scuderie del Quirinale, malgré de louables ambitions. Ce projet a été initié par Vittorio Sgarbi, qu’on ne présente plus, personnalité aussi brillante que controversée, et son autorité était probablement nécessaire pour faire venir à Rome certains grands-chefs d’œuvre jalousement gardés en Vénétie.

La réunion de tableaux insignes de Tintoret ne suffit pas toutefois à masquer les carences du propos. Pointons d’emblée un nombre trop insuffisant de toiles, à peine une trentaine du maître, dont les plus importantes, en outre, avaient déjà été montrées au Prado en 2007 et dans d’autres expositions vénitiennes récemment. S’y rajoutent quelques autres de peintres italiens du XVIe siècle, dont on verra que la sélection s’avère d’un intérêt limité, voire contre-productive. Il était évidemment inenvisageable de ramener les plus grandes toiles de Tintoret, qui révéla pourtant son génie essentiellement à travers des décors monumentaux ; les tableaux d’églises ou de scuole réunis dans les espaces du Quirinal y sont d’ailleurs à l’étroit. Les neuf salles du parcours alternent présentation chronologique et vision thématique, non sans peine, non sans une certaine confusion et des démonstrations assez ratées. L’introduction des sections a été confiée à Melania G. Mazzucco, auteure bien connue de ce côté-ci des Alpes pour ses fictions sur Tintoret et ses enfants qui, bien que romancées, s’appuient sur de longues recherches en archives. Ses textes sont des plus agréables à lire et faciles à comprendre, mais élaborent parfois une histoire de l’art à travers l’anecdote qui n’apporte rien, voire tendent à simplifier la vie, l’œuvre et la personnalité si riches de Tintoret. Le fameux Autoportrait du Victoria & Albert Museum (ill. 1), exposé dans la première salle, reflète à lui seul les ambitions et les doutes de l’artiste, qui le poursuivront toute sa vie.


2. Jacopo Robusti, dit…

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