Contenu abonnés

The Cult of Beauty : The Aesthetic Movement 1860-1900

Le culte de la beauté. Le mouvement esthétique 1860-1900

Londres, Victoria & Albert Museum, du 2 avril au 17 juillet 2011.
Paris, Musée d’Orsay, du 13 septembre 2011 au 15 janvier 2012.
San Francisco, Legion of Honor, du 18 février au 17 juin 2012.

Nous l’avons dit dans de précédents comptes rendus : il arrive qu’abondance de biens puisse nuire – en l’occurrence que le visiteur d’une exposition succombe à la fatigue à la fois physique et intellectuelle si on lui demande de passer de chef-d’œuvre en chef-d’œuvre et d’assimiler trop d’informations mentales à la fois. C’est malheureusement le cas ici : avec plus de 250 objets exposés, la saturation est atteinte bien avant qu’on n’aborde la dernière salle. Pourtant, les intentions sont naturellement excellentes.

Ce que l’on pourrait appeler « l’exposé des motifs » de l’exposition est indiqué dans la petite brochure qui est donnée au visiteur : il s’agit d’étudier le passage d’un idéal artistique à un autre. Aux pré-raphaélites qui voulaient que l’art élève les sentiments et nourrisse la pensée lors de la fondation de leur Confrérie [1], les adeptes de ce « mouvement esthétique » répliquaient indirectement par leurs œuvres qui militaient uniquement en faveur de « l’art pour l’art », sans volonté moralisatrice ni éducative. On perçoit immédiatement la difficulté, sachant que nombre des objets présentées sont de la main de Rossetti ou de ceux que l’on compte souvent au nombre de ses disciples, comme Burne-Jones : il faut alors admettre soit qu’il y a eu trahison des idéaux initiaux, soit confusion des genres, soit évolution. Le cas de Millais est à cet égard exemplaire dans cette optique puisque, pour parler familièrement, on convient généralement qu’il a eu « un pied dans les deux », étant donné qu’à la fin de sa vie ce membre fondateur de la Confrérie apparaît notablement plus proche de Leighton que de William Morris [2]. Il y a donc eu incontestablement une zone de recouvrement, un chevauchement, qui ne sont pas dus aux commissaires de l’exposition – mais qui leur compliquent considérablement la tâche, à tel point qu’ils ont bien du mal à éviter la dispersion, ou pour parler encore une fois familièrement, à s’abstenir de « courir plusieurs lièvres à la fois ».


1. Frederic Leighton (1830-1896)
Le Paresseux, 1885
Plâtre - 19 x 94 x 61 cm
Londres, Royal Academy of Arts
Photo : Royal Academy of Arts
Voir l´image dans sa page
2. Lawrence Alma-Taddema (1836-1912)
Fauteuil, vers 1884/86 Acajou avec placage et incrustation
de bois divers - 90 x 68 x 67 cm
Londres, Victoria & Albert Museum
Photo : V & A Images
Voir l´image dans sa page

3. Dante Gabriel Rossetti (1828-1882)
Boccia Baciata, 1859
Huile sur panneau - 32 x 27 cm
Boston, Museum of Fine Arts
Photo : Wikimedia Commons
Voir l´image dans sa page

La première (petite) salle, consacrée à « l’Introduction », ne cherche pas à respecter la chronologie, car le visiteur est accueilli par la statue du Paresseux de Leighton (ill. 1). Et c’est là que le bât blesse, car on découvre dans la salle suivante, « À la recherche d’une nouvelle beauté, années 1860 », La Belle Iseult de William Morris (1858) et un bas de buffet peint de Burne-Jones…

Pour avoir accès à ce contenu, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous à l’aide de ce formulaire.

Vos commentaires

Afin de pouvoir débattre des article et lire les contributions des autres abonnés, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.