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L’Ange de la Révolte. Satan dans les arts au XIXe siècle

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Cherbourg, Musée Thomas Henry, du 26 juin au 8 novembre 2026.

Satan, Lucifer, Belzébuth, le Diable… Nombreux sont les patronymes donnés à l’ange déchu, et il est dommage que cette pluralité de noms ne soit pas étudiée dans le catalogue de l’exposition du Musée Thomas Henry. Pourquoi emploie-t-on un terme plutôt que l’autre, sont-ils interchangeables ou parfaitement synonymes ? C’est une question intéressante qui n’est pas abordée, mais ce reproche n’est que l’un des rares que l’on puisse faire à l’égard d’une manifestation réussie, à la muséographie agréable (ill. 1), dotée d’un catalogue contenant plusieurs essais instructifs [1] et des notices pour toutes les œuvres exposées, hélas sans historique ni bibliographie.


1. Une salle de l’exposition au Musée Thomas-Henry (au fond le tableau d’Édouard Bertin)
Photo : Didier Rykner

Si celles-ci sont dans l’ensemble bien choisies, la seconde critique que nous pourrions faire est le nombre relativement faible de surprises pour le visiteurs bons connaisseurs du XIXe siècle. Nous aurions aimé découvrir plus d’œuvres méconnues, d’autant que ce thème a suscité beaucoup de représentations. Ce que nous attendons est là, tel le bronze de Jean-Jacques Feuchère, les estampes de Delacroix pour le Faust de Goethe, L’Ange déchu de Cabanel, superbe morceau de peinture romantique par celui considéré pourtant comme l’un des peintres les plus académiques qui soient, ou encore les illustrations fantastiques de Gustave Doré. De Cabanel, nous reproduirons ici un superbe dessin montré à Cherbourg, préparatoire au Paradis perdu (ill. 2).


2. Alexandre Cabanel (1823-1889)
Étude pour le Paradis perdu : Satan chassé du paradis
Pierre noire et graphite - 45,5 x 55 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Musée Fabre/F. Jaulme

Notons toutefois quelques exceptions. Si Le Baiser rendu de l’obscur Benoît-Hermogaste Molin (ill. 3) n’est pas d’un grand peintre, cette iconographie du baiser du diable à…

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