« Restitutions » : la victoire de l’irrationnel contre les faits

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Trois des statues royales d’Abomey
qui vont être restituées au Bénin
Photo : Domaine public (Wikimedia)
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C’est avéré depuis longtemps désormais : les faits, les preuves, les démonstrations argumentées n’ont plus de poids face aux fantasmes et à l’émotion. C’est exactement ce que l’on constate avec la question des « restitutions ». Nous avons à de nombreuses reprises, avec également d’autres auteurs, Yves-Bernard Debie et Julien Volper, démontré dans ces colonnes l’inanité absolue des arguments de ceux qui veulent « restituer », terme lui-même sans fondement. Nous renvoyons donc à ces articles qui mettent en avant des arguments tellement sérieux que personne n’a jamais essayé même de les contester. Nous sommes dans le domaine de l’irrationnel, et il est impossible de lutter avec des preuves contre l’irrationnel. Nous renvoyons aussi aux deux interventions de Julien Volper publiées ces jours-ci dans Marianne et dans Le Figaro.

L’Assemblée Nationale a donc voté de manière unanime pour ce projet de loi, soi-disant « exceptionnel », avec une bonne conscience évidente. La ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, qui sur ce dossier se fourvoie totalement, l’endosse sans états d’âme. Alors que les œuvres des musées français sont « inaliénables », on va donc aliéner toutes les collections royales de l’ancien Dahomey conservées en France, sauvées par les soldats français de l’incendie de son palais allumé par l’empereur et conquérant esclavagiste Behanzin, en prétendant faire œuvre de repentance. On va aliéner un sabre de fabrication française, pour honorer un conquérant djihadiste, figure admirée par ceux-là mêmes que l’armée française combat en ce moment en Afrique. On cède au CRAN, à Louis-Georges Tin (lui-même radié du CRAN pour « dérives préoccupantes ») et à la foule des indigénistes qui se réjouissent de ces « restitutions », au moment même où l’on prétend lutter contre le séparatisme.

La suite est déjà écrite. Pourquoi limiter ces « restitutions » à quelques objets venant du Dahomey et à un sabre du Sénégal. Quelle différence fondamentale y-a-t-il entre ces conquêtes africaines et les conquêtes napoléoniennes, ou entre les objets africains et ceux provenant d’Asie ? La fameuse boite de Pandore n’est plus entrouverte, elle est désormais béante. L’inaliénabilité des collections françaises n’existe plus quand une loi suffit à l’abolir, et quand il n’y a même plus parmi la classe politique française aucun député capable de simplement regarder les faits.

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