Recensement des œuvres du peintre bisontin Edmond Picard (1861-1899)

La Tribune de l’Art
Edmond Picard (1861 - 1899)
Les adieux du marin, 1893
Huile sur toile, 136 x 178 cm
Musée de Dole
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Edmond Picard suit les cours de l’école municipale de dessin de Besançon dès l’âge de 13 ans, en 1873, sous la direction du peintre Honoré Chapuis. Il y est remarqué par le paysagiste Alexandre Rapin, qui incite sa famille à l’envoyer à Paris pour y approfondir sa formation. Après deux années à l’école des arts décoratifs, il intègre pour quelques mois l’atelier de Jean-Léon Gérôme à l’École des Beaux-Arts qu’il quitta de son propre chef après quelques mois. C’est ensuite dans l’atelier de Jean-Paul Laurens qu’il trouva compréhension et stimulation pour s’engager dans sa voie propre. Il se lia en particulier avec l’un des élèves du Maître, le peintre symboliste Henri Martin.
En 1881, à tout juste 20 ans, il présente sa première œuvre au Salon, Les bords de l’Ognon (Haute-Saône), exposition à laquelle il participera annuellement jusqu’en 1900, de manière posthume cette année-là. En 1885, il devient le plus jeune lauréat du prix Troyon.
Bien que résidant à Paris, il retourne régulièrement en Franche-Comté, son œuvre se partageant entre évocation de la vie rurale et paysages comtois d’une part et scènes de genre et sujets propres à la vie parisienne d’autre part : monde du spectacle, ambiance des grands boulevards, etc. Il participe activement aux expositions organisées à Besançon aux côtés de ses camarades des premiers jours, Antonin Fanart, Théobald Chartran, Jean-Adolphe Chudant, Alexandre Rapin, Alexis Muenier, etc. Avec Le Marché du Musée de Cambrai, Edmond Picard obtient une médaille de 3e classe à 25 ans, tableau qui lui vaudra aussi une médaille d’argent à l’Exposition universelle de 1889. La même année, la Vache malade (Musée de Saint-Brieuc), primé, le met hors classe, il peut donc exposer désormais au Salon sans craindre le couperet du jury.
En 1893, il expose au Salon l’une de ses œuvres magistrales : Les adieux du marin, offert au Musée de Dole en 1895 par la société franc-comtoise d’encouragement aux Beaux-Arts. Le peintre opère ici une rupture esthétique vers le réalisme et plus encore vers le naturalisme perceptible dans ce huit clos restituant par une facture très personnelle une atmosphère suspendue.
Son œuvre multiple témoigne des différents courants picturaux s’exprimant et cohabitant sous la IIIe République. Edmond Picard assume aussi son statut de peintre régionaliste par ses scènes décrivant le cadre social de sa province. Ses peintures de la décennie de 1890 dans l’intimité d’un drame ou d’une histoire qui nous échappe, comme celle du Musée de Dole, comptent parmi les plus singulières de sa production. Sa mort prématurée à 38 ans ne lui permit pas de construire et d’ancrer son œuvre dans l’histoire artistique de cette période charnière entre le XIXe et le XXe siècle.
En vue d’un travail de recherche approfondi sur ce peintre, le Musée des Beaux-Arts de Dole serait très reconnaissant aux personnes et aux institutions possédant des œuvres de cet artiste ou bien des documents le concernant de bien vouloir entrer en contact avec nous.

Contact : Samuel Monier, responsable des collections et des expositions temporaires
s.monier@dole.org

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