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Mariano Fortuny

Michel de Piles

Barcelone, Museu Nacional d’art de Catalunya (Musée National d’Art Catalan-Monjuich). Exposition terminée le 15 février 2004.

1. Mariano Fortuny
L’odalisque, 1861
Barcelon, Musée National d’Art Catalan
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Jacques Thuillier, dans son essai intitulé Peut-on parler d’une peinture pompier ? [1], écrivait que l’on célèbre à l’étranger comme « génie national » des artistes qui, s’il étaient nés en France, auraient été blâmés, dédaignés parce que qualifiés du terme péjoratif de pompier. Assurément Mariano Fortuny y Marzal (1838-1874) fait partie de ceux-là et reste très méconnu du public français pour deux raisons : d’une part, parce qu’il n’y a pas de tableau de lui accroché à Orsay (qui possède cependant plusieurs aquarelles de premier plan) et surtout parce qu’on le confond avec son fils Mariano Fortuny y Madrazo (1871-1849), peintre mondain et créateur de tissus qui affadit le style de son père [2] (lui est bien présent à Orsay par sa belle Femme à la gondole, à la manière d’Albert Besnard).

Avec près de 140 œuvres, la rétrospective réussie que propose le Musée d’Art Catalan de Barcelone permet de se faire une idée précise des qualités et des limites de ce peintre, une œuvre de jeunesse touche-à-tout, qui a du mal à trouver sa cohérence, mais qui comporte plusieurs chefs-d’œuvre fulgurants et intenses. Le parcours chronologique suit les divers lieux où l’artiste nomade a résidé, y devenant à chaque fois la coqueluche artistique de l’intelligentsia et de la société bourgeoise. Adolescent prodige, Fortuny maîtrise le « romanticisme » local [3] et dépasse ses professeurs : ses deux académies d’homme n’ont rien de l’apprentissage scolaire habituel, ni d’académique. Après un séjour à Rome, il suit le général Prim au Maroc où il exécute l’Odalisque [4] (ill. 1) qui présente déjà tous les charmes (contrastes chromatiques forts, touche magistralement enlevée) et toutes les lourdeurs de son tempérament (goût anecdotique, orientalisme de pacotille). De lumineuses aquarelles de paysages sahariens servent d’études pour la monumentale Bataille de Tétouan [5](1863),…

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