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Louis Dorigny (1654-1742). Un peintre de la cour française à Vérone

Vérone, Museo del Castelvecchio. Exposition terminée le 2 novembre 2003.

L’histoire de l’art de notre pays ayant tendance à s’approprier tous les peintres étrangers ayant fait carrière en France, et tous les peintres français ayant fait carrière à l’étranger, même lorsque ceux-ci n’ont jamais vu leur pays natal (par exemple Gaspard Dughet), il pourrait paraître étonnant que Louis Dorigny, fils de Michel Dorigny et donc petit-fils de Simon Vouet, élève de Charles le Brun, n’ait jamais été inclus dans l’histoire de l’art française. Deux raisons peuvent l’expliquer : d’abord, le style de l’artiste relève entièrement de l’école italienne, ensuite, et surtout, il s’agit d’un décorateur, qui n’a laissé que fort peu de tableaux de chevalets. C’est à Vérone, sa ville d’adoption, qu’est organisée aujourd’hui la première rétrospective sur ce peintre récemment redécouvert.


1. Louis Dorigny (1654-1742)
Vierge de l’Annonciation
Verone, Museo «G.B. Cavalcaselle»
provenant du
décor de la capella dei Notai
2. Louis Dorigny (1654-1742)
Ange de l’Annonciation
Verone, Museo «G.B. Cavalcaselle»
provenant du
décor de la capella dei Notai

Exposer l’œuvre d’un décorateur est une sorte de gageure, qui n’est qu’en partie tenue. Le vrai Louis Dorigny doit d’abord se voir in situ, dans les innombrables palais et églises de Vénétie où il travailla. A Vienne aussi, où il se rendit en à la demande du prince Eugène de Savoie. Il n’est évidemment pas possible de déplacer des fresques, et les palais sont rarement ouverts à la visite. En l’absence des peintures murales, il reste des éléments de décors sur toile, des esquisses préparatoires et des dessins. L’exposition ne montre aucune des esquisses préparatoires peintes qui ont dû cependant exister, ne serait-ce que sous la forme de modello.
Les dessins présentés, qui appartiennent pour l’essentiel au museo di Castelvecchio de Vérone – notons cependant que le Louvre en possède plusieurs, également exposés -…

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