Les bases de l’INHA s’enrichissent encore

Didier Rykner
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3/04/19 - Bases de données - Paris, INHA - Les bases de données AGORHA de l’Institut National d’Histoire de l’Art deviennent, année après année, de plus en plus importantes et nombreuses, mais leur richesse n’est pas toujours suffisamment connue. Tout récemment, nous avions signalé l’ajout dans la base recensant la peinture française du XVIe siècle de la peinture bourguignonne (voir l’article), il faut maintenant signaler une nouveauté très utile du répertoire des tableaux italiens (RETIF) : la possibilité de géolocaliser les œuvres sur une carte de France via ce lien.

On peut afficher toutes les œuvres de la base RETIF, ou choisir deux critères de sélection : soit le siècle de réalisation, soit le degré d’authenticité. Pour ce dernier, on distingue les originaux (qui comprennent toutes les œuvres par, attribuée à ou atelier de) ou copie. Il est dommage qu’on ne puisse pas sélectionner plusieurs critères, par exemple répertorier toutes les œuvres du XVIIe ET du XVIIIe siècle, ni croiser le siècle et le degré d’authenticité, par exemple sélectionner tous les originaux du XVIe siècle. Il reste que cette fonctionnalité présente beaucoup d’intérêt, d’autant qu’elle peut être utilisée sur un smartphone grâce à une adaptation pour mobile accessible à partir de ce lien. La localisation géographique est très précise puisque, par exemple, si l’on zoome sur Paris, les trois tableaux de l’église Saint-Eustache sont précisément situés sur la carte. La liste des œuvres affichées ne donne pas tous les renseignements des fiches, mais en cliquant on arrive aussitôt sur la fiche complète.

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Une nouvelle base vient également d’être mise en ligne, qui ravira tous les historiens du XIXe siècle même si elles n’est pas encore pour l’instant complète. Il s’agit de la base de données des envois de Rome par les pensionnaires de l’Académie, peintres et sculpteurs, entre 1804, correspondant à l’année suivant l’installation de celle-ci à la Villa Médicis, et 1914.
Le principe de recherche pour les œuvres est le même que pour les autres bases Agorha, chaque fiche comportant une ou plusieurs photos de l’œuvre lorsque cela est possible, mais aussi l’année de l’envoi, la localisation si elle est connue, une notice avec description, les informations techniques, l’historique, ainsi que les mentions d’archives. En cliquant sur ces dernières, on a accès, à la transcription des documents d’archives conservés à l’Institut, à la Villa Médicis, aux Archives nationales, à la Bibliothèque de l’Institut et à la Bibliothèque nationale de France. Sauf erreur, on ne trouve pas dans les fiches « œuvres » de bibliographie, ce qui est dommage.

La base de données permet également d’avoir accès à des fiches par personne indiquant, outre son identité et ses dates de naissance et de mort, des détails sur son activité, sa formation à l’École des Beaux-Arts et à l’Académie de France, ainsi que sur les concours auxquels il a participé. On y trouve également cette fois une section bibliographie et une section sources qui renvoie aux mentions d’archives. Pour l’instant, les références bibliographiques anciennes, disponibles sur Gallica, n’y soient pas directement liées ce qui pourrait constituer une évolution intéressante.

Cette base est tellement riche qu’il est difficile de la décrire entièrement, et qu’il faut surtout se familiariser avec elle en la parcourant, et en lisant le mode d’emploi qui y est associé. Il est possible notamment de faire des recherches multi-critères, ce qui est bien décrit dans ce mode d’emploi. Il est possible également de faire des recherches simultanées dans toutes les bases Agorha.
Mais il y a mieux encore, même s’il faut pour utiliser les outils dont nous allons parler déjà une très bonne expérience de l’utilisation des bases de données. La base est en effet mise sous licence Creative Commons 4.0 (ce qui n’est pas précisé clairement sur la base, d’autant qu’il demeure encore plein de © dont l’INHA nous a dit qu’ils étaient le reste d’anciennes versions et qu’il ne fallait pas en tenir compte), c’est-à-dire que son utilisation est libre, ce qui permet des extractions et son utilisation pour des statistiques personnelles. À cette adresse on peut ainsi trouver les liens permettant de télécharger les données de la base, des tutoriels expliquant comment exploiter ces données grâce à des logiciels en ligne, ou encore des exemples de réutilisation de ces données, par exemple une cartographie des lieux de naissance des pensionnaires ou un graphique permettant de rapprocher les dates de présence à la Villa des peintres et des sculpteurs pour savoir qui a pu ainsi fréquenter qui à Rome.

Ces outils restent donc d’utilisation délicate pour qui n’est pas un peu familier avec l’informatique. Ils constituent néanmoins une source extraordinairement utile pour l’histoire de l’art, et il faut espérer que ces développements seront possibles aussi pour les autres bases d’Agorha. Notons qu’un colloque prévu les 5 et 6 décembre à l’INHA sera formé en grande partie de communications basées sur l’utilisation de cette base de données. L’appel à communication se trouve ici. Sachant que seule une partie de la base est actuellement disponible (tout le domaine de la sculpture de 1804 à 1914, et seulement une mise en ligne partielle du domaine de la peinture de 1863 à 1914), les personnes souhaitant utiliser la base pour leur proposition de communication pourront s’adresser aux administrateurs de celle-ci afin d’obtenir un accès plus large (envoisderome@inha.fr)

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