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Léon Bonnat, le portraitiste de la IIIème République

Jacques Foucart

Léon Bonnat (1833-1922). Le portraitiste de la IIIème République. Catalogue raisonné des portraits.
Auteur : Guy Saigne.

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Quatre kilos et cent-vingt-six grammes, hein ! – Rien d’étonnant, il s’agit d’un opus monumentum qui se prend à caresser les records : 695 pages avec chaque fois 2 à 3 colonnes de texte, 507 œuvres cataloguées presque toutes reproduites (très peu d’exceptions pour des raisons de force majeure, un tel rassemblement étant déjà en soi une gageure). Ce qui veut dire aussi une plus que somptueuse débauche de reproductions en couleurs dont nombre de hors-texte et de détails – auteurs et éditeurs se sont visiblement fait plaisir –, quitte à corriger l’édifiante austérité de cette suite de dignes figures d’antan, à l’aune d’une archi-respectable IIIème République et de ses notabilités, présidentielles ou non, qui cultivent le plus souvent une vêture en noir et blanc, celle de la mode masculine de l’époque, mis à part quelques rares militaires en uniforme [1] et le célèbre cardinal Lavigerie (cat. 320), drapé dans son splendide manteau rouge flamboyant. Voilà qui finit par tourner au fastidieux trombinoscope… L’ouvrage, bien sûr d’un sérieux comme-il-faut [2], est pertinemment organisé en essais préliminaires puis notices de catalogue, avec tout l’arroi d’index qui s’impose : liste des personnages, qu’ils soient simplement cités au fil du texte ou dûment étudiés dans le catalogue, localisation des œuvres citées ou répertoriées, origine des illustrations photographiques – une classique obligation –, référence des œuvres reproduites hors catalogue (beaucoup ne concernent pas des portraits, Bonnat se voulant aussi peintre d’histoire), bibliographie tellement raffinée qu’elle se trouve, indépendamment des sources d’archives, fragmentée en sources imprimées ou non émanant de Bonnat, publications « à caractère de sources », sic  !, critiques contemporaines de l’époque de Bonnat, écrits sur Bonnat, expositions et catalogues afférents, enfin livres, articles de revue et ouvrages divers – pour la commodité, on repassera ! De quoi saluer en tout cas une jeune maison d’édition (Mare et Martin) fondée en 2003 qui, parallèlement à son domaine juridique de prédilection, s’investit aussi dans l’histoire de l’art, fut-elle savante.


1. Léon Bonnat (1833-1922)
Adolphe Thiers, Président de la République, 1876
Huile sur toile - 126 x 95 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : RMN-GP/R.-G. Ojéda
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Bref, ce pesant livre n’a certes que de foisonnantes qualités, nonobstant quelques défauts tout de même sensibles, par exemple le superflu de détails biographiques sur les portraiturés qu’on peut facilement trouver ailleurs, classique travers de l’inéluctable recours à l’Internet, ce qui alourdit considérablement le texte de l’ouvrage [3]. Reste que l’écrasant – et incontestable – mérite de ce livre, réside dans la plus courageuse, mais aussi la plus légitime et la plus opportune des réhabilitations, celle de Léon Bonnat, illustre enfant entre tous de Bayonne (il y naît en 1833) où son nom brille à jamais avec l’admirable

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