Le haut-le-cœur

5 5 commentaires
Le marché de Noël de Marcel Campion jusqu’à la Concorde
en novembre 2016. Il n’aura qu’à se déplacer de quelques
centaines de mètres dès novembre 2018
Photo : Didier Rykner
Voir l´image dans sa page

Pauvre Emmanuel Macron. Lui qui voulait créer un nouveau monde, le voilà qui se vautre dans l’ancien, le plus rance, celui du marché de Noël de Marcel Campion. Ce qui est drôle dans cette affaire - drôle au sens d’absurde - c’est de lire un peu partout que l’installation du forain aux Tuileries à la fin de l’année, avec le soutien inavoué de l’Élysée [1], serait un pied de nez à Anne Hidalgo. Mais la maire de Paris adore tout ce que représente Campion, et elle l’a montré depuis des années en lui donnant toutes les autorisations pour installer sa camelote dans Paris, marché de Noël ou grande roue. Son revirement n’était dû qu’à la peur de voir les ennuis judiciaires du forain lui revenir en boomerang. Un risque que Macron, qui n’avait jusqu’à présent jamais fricoté avec lui, ne craint pas (pas encore du moins).

Voir le Louvre se prostituer pour un million d’euros (c’est le montant annoncé par France-Info que paiera Campion au musée, gestionnaire des Tuileries) n’est évidemment pas très étonnant. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’il le fait : la fête foraine des Tuileries, que les forains ont installée de force il y a plus de trente ans, y revient chaque année l’été pendant deux mois, avec la bénédiction de tous. Alors, qu’importe finalement si le jardin de Le Nôtre est une fois de plus déshonoré et abîmé pendant deux mois cet hiver par une attraction minable telle que le marché de Noël ? Cela permettra d’aider le musée à financer son centre de réserves de Liévin ou à moderniser sa boutique de gadgets au cœur des salles…

Entre le duo Hidalgo-Campion ou le trio Macron-Campion-Martinez, on nous permettra de ne pas choisir. Simplement d’être saisi d’un violent haut-le-cœur.

Vos commentaires

Afin de pouvoir débattre des article et lire les contributions des autres abonnés, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.