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Le coeur d’Anne de Bretagne exposé à Blois (article publié en mars 2014)
Nous n’avons malheureusement aucune information que vous n’auriez pu lire ailleurs sur le vol au Musée Dobrée du reliquaire du cœur d’Anne de Bretagne, qui a eu lieu dans la nuit de vendredi 13 au samedi 14 avril. Nous ne pouvons que remettre en une et en accès libre cet article que nous avions publié le 25 mars 2014 sur une exposition à son propos. La vraie crainte est que ces barbares (nous ne pouvons les qualifier autrement) le fonde...
Or repoussé, guilloché, émaillé,
filigranes et fils tressé
écrin : 15,42 x 13,27 x 6,4 cm
couronne : 3,53 x 10,84 x 5,5 cm
Nantes ; Musée Dobrée
Photo : Musée Dobrée
25/3/14 - Exposition - Blois, château - « En ce petit vaisseau de fin or, pur et monde [1] / Repose un plus grand cœur que oncques dame eut au monde ; / Anne fut le nom d’elle, en France deux fois reine, / Duchesse des Bretons, royale et souveraine. ». Ces vers gravés dans le coeur d’Anne de Bretagne, ou plus précisément inscrits sur l’écrin qui le renfermait (ill. 1) et qui est présenté jusqu’au 6 avril au château de Blois où elle vécut une quinzaine d’années et mourut il y a de cela 500 ans, le 9 janvier 1514. 2014 sera donc une année consacrée à la souveraine, les différents événements organisés à cette occasion sont recensés sur un site internet. L’exposition rejoindra ensuite le château des ducs de Bretagne du 8 avril au 18 mai 2014.
En tant que reine de France, Anne de Bretagne fut enterrée à Saint-Denis ; son corps du moins, tandis que son coeur repose, selon sa volonté, auprès de ses sujets bretons, en l’église des Carmes de Nantes où se trouve le tombeau de ses parents. À sa mort, on fit donc faire cet écrin, constitué de deux coques en tôle d’or presque pur, repoussé et guilloché. Chaque face est dotée d’une inscription en relief, émaillée de vert. On a cité la première, la seconde n’est pas moins élogieuse et annonce déjà le genre du « tombeau poétique » (ou recueil de poèmes en l’honneur d’un défunt) qui se développera à la Renaissance : « Ce cœur fut si très haut que de la terre aux cieux / Sa vertu libérale accroissait mieux et mieux ; / Mais Dieu en a repris sa portion meilleure, / Et cette part terrestre en grand deuil nous demeure ». À l’intérieur, d’autres vers sont peints à l’or sur une couche d’émail blanc [2].
L’écrin est surmonté d’une couronne dont les fleurons font alterner neuf lys…