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La vente de l’Hôpital Laënnec : un scandale patrimonial discret
Photo : Didier Rykner
En 2000/2002, l’Assistance Publique (La Tribune de l’Art n’existait pas alors) a vendu l’Hôpital Laënnec au promoteur immobilier Cogedim associé financièrement aux assurances AGF. Depuis, cette dernière société (aujourd’hui appelée Allianz) en est devenue propriétaire, la Cogedim étant désormais maîtrise d’ouvrage. Une opération financière complexe mais qui devrait s’avérer juteuse pour les deux partenaires.
Que cette opération immobilière se fasse au détriment d’un des édifices les plus importants de Paris ne perturba pas le moins du monde l’Etat ni la Ville. Ceux-ci laissèrent faire sans broncher après avoir envisagé très sérieusement d’y installer l’Institut d’Etudes Politiques, ce qui aurait eu au moins pour effet de conserver ces bâtiments dans le patrimoine public.
On préféra les céder au privé dans des conditions sur lesquelles nous reviendrons. Pourquoi pas, après tout. L’essentiel était de permettre la restauration et l’entretien d’un monument historique. Encore aurait-il fallu – ce qui était parfaitement possible à l’époque – prévoir d’imposer l’accès libre à la cour devant la chapelle (ill. 1), à la chapelle elle-même qui conservait son mobilier d’origine dont une partie classé, et le passage des promeneurs, par un chemin éventuellement balisé, à travers ce large enclos qui va de la rue de Sèvres à la rue de Babylone.
Il n’en fut rien, comme on va le voir. Des bâtiments devant être construits le long de la rue Vaneau, une association de riverains se constitua, qui se moquaient bien du devenir de l’Hôpital mais s’intéressaient surtout à la vue qu’ils auraient de leurs fenêtres. Elle porta l’affaire en justice, gagna devant le tribunal administratif en 2001 en faisant annuler le permis de construire, puis une nouvelle fois en juillet 2008 avant de perdre en juillet 2009 devant la Cour Administrative d’Appel. Plutôt que de…