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La réouverture (partielle) du Musée des Augustins
(architectes : agence Aires Mateus)
Photo : Didier Rykner
Nous étions très inquiets du bâtiment d’entrée construit devant le Musée des Augustins (ill. 1). Celui-ci est en effet un monument historique, et lui coller ainsi, au sud du cloître, un appendice (qui remplace une aile disparue au XIXe siècle) afin de créer une nouvelle entrée, sur un dessin très massif, laissait augurer du pire.
Si la chose n’est, assurément, pas très heureuse, ce n’est pas la catastrophe à laquelle nous nous attendions, la pierre utilisée ayant une couleur blanc crème qui ne choque pas. On comprend mal, néanmoins, pourquoi ne pas avoir utilisé la brique, le matériau typique de la ville. L’explication fournie par le dossier de presse — la chaux recouvrait fréquemment les façades de brique, surtout au XVIIIe siècle — ne convainc pas vraiment, d’autant que nous ne sommes plus au XVIIIe siècle.
Pas de catastrophe patrimoniale donc, mais tout de même l’impression d’un gâchis d’argent. Pas moins de sept millions d’euros ont été nécessaires pour cette excroissance, quand une autre solution, beaucoup plus simple et moins coûteuse, était possible : l’entrée aurait parfaitement pu être installée dans l’espace aujourd’hui dévolu à la librairie (ill. 2) qui vient d’être installée, et cette dernière aurait pu prendre place ensuite, dans la salle des sculptures romanes.
C’est d’ailleurs l’autre ratage du nouveau musée : on aurait dû prendre ce prétexte de la rénovation pour se débarrasser une fois pour toutes de l’aménagement muséographique conçu par le très médiocre « artiste » Jorge Pardo (ill. 3). Cette immense salle contient fort peu d’œuvres, dans des…