La galerie Tarantino expose le baroque romain

1. Melchiore Caffà (1636-1667)
Fragment d’un bozzetto pour Le Martyre de saint Eustache
Terre cuite - 27 x 25 x 8 cm
Paris, Galerie Antoine Tarantino
Photo : Galerie Tarantino

26/11/08 – Marché de l’art – Paris, Galerie Antoine Tarantino – Le hasard a voulu qu’au moment où nous décidions de publier un dossier consacré au baroque romain, la galerie Tarantino, récemment ouverte, dédie sa seconde exposition à ce sujet.
Il n’est pas simple de réunir un tel ensemble, aussi cohérent. Parmi les œuvres présentées par le marchand, nous retiendrons d’abord deux sculptures. La première est un fragment en terre cuite dû à Melchiore Caffà, un élève d’Ercole Ferrata, fortement influencé par le Bernin qui le considérait comme un rival à craindre, comme le rappelle Jennifer Montagu dans la notice du catalogue. Les œuvres de ce sculpteur ne sont pas très fréquentes puisqu’il mourut à l’âge de 31 ans. Ce bozzetto est préparatoire à un relief exécuté pour l’église de Sant’Agnese in Agone sur la Piazza Navona où il est encore conservé.
La seconde terre cuite est attribuée à un disciple de Caffà, Pietro Papaleo. Il s’agit d’une figure assise de Saint Pie V qui rappelle les effigies de papes exécutées pour leurs tombeaux, sans qu’on sache exactement à quoi celle-ci préparait exactement. On admirera l’extrême virtuosité de la sculpture et de la manière dont sont rendus les vêtements du souverain pontife.


2. Guillaume Courtois (1628-1679)
La Vierge à l’Enfant
Huile sur toile -
Paris, Galerie Antoine Tarantino
Photo : Galerie Tarantino
3. Luigi Garzi (1638-1731)
Domine Quo Vadis
Huile sur toile - 63,3 x 48 cm
Paris, Galerie Antoine Tarantino
Photo : Galerie Tarantino

Plusieurs peintures sont tout à fait remarquables et trouveraient parfaitement leur place aux murs du musée du baroque romain à Ariccia (voir l’article). La plus belle à notre avis, une Vierge à l’Enfant de Guillaume Courtois (ill. 2) n’est pas reproduite dans le catalogue puisqu’elle a été acquise par le galeriste deux jours avant l’ouverture de son exposition. Une esquisse précoce de Baciccio pour la voûte du Gesu est impressionnante par sa virtuosité. On notera encore, d’un goût typiquement Lemme (voir l’interview), un Dominie Quo Vadis de Luigi Garzi (ill. 3) et un grand Lazzaro Baldi (La Vierge à l’Enfant et saint Jean l’Evangéliste apparaissant à saint Pierre d’Alcantara).
On retiendra enfin un beau dessin cortonesque, une représentation allégorique de Louis XIV entouré de Minerve, de la Victoire et de Saturne foulant l’Ignorance ainsi qu’un Portrait de Bernin, à la sanguine, par Baciccio.

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