La Biennale 2012 confirme son orientation vers les arts décoratifs

1. Entourage de Benedetto Briosco (actif vers 1483-1517)
Portrait de Ludovico Maria Sforza, dit Le More, vers 1500
Marbre - Diamètre : 55 cm
Paris, galerie Sismann
Photo : galerie Sismann

18/9/12 - Marché de l’art - Paris - L’édition 2012 de la Biennale des Antiquaires est, comme à son habitude, largement dominée par les meubles et les objets d’art. Beaucoup de beaux stands sont également consacrés aux antiquités ou arts extra-occidentaux qui sortent de notre champ d’étude comme le font encore davantage les bijoux (trop nombreux à notre goût) répartis sous la nef du Grand Palais plutôt que concentrés en un même endroit comme c’était le cas auparavant.

Même peu nombreux, les tableaux anciens sont tout de même présents. Chez Aaron d’une part, dont ils constituent l’un des points forts, mais aussi chez quelques marchands uniquement spécialisés dans cette discipline comme Giovanni Sarti, Moretti Fine Arts ou Roebilant+Voena. Signalons aussi, dans le Salon d’Honneur au premier étage qui domine la nef, la présence de plusieurs galeries plus jeunes montrant des tableaux ou des sculptures souvent très intéressants. Philippe Mendès parmi quelques tableaux anciens de belle qualité (dont un magnifique Jan Cossiers) expose ainsi une toile d’un artiste italien divisionniste, célèbre dans son pays même s’il reste peu connu en France, Plinio Nomellini. Chez Alexis Bordes, on peut admirer un superbe paravent en « feuilles en fixé sous verre rehaussé de feuilles d’or et d’argent », par Paule Ingrand, ainsi qu’un buste de femme en terre cuite par Carrier-Belleuse, qui va être acquis par un musée français. Une galerie très récente, F. Baulme Fine Arts présente également plusieurs tableaux anciens de qualité. Pour les sculptures enfin, on signalera le stand de la galerie Sismann où un sévère mais beau portrait de Ludovico Maria Sforza, dit le More, date de la Renaissance italienne (ill. 1).
Pour le mobilier ancien, plusieurs galeries prestigieuses telles que François Léage ou Aveline montrent de très beaux objets des XVIIe et XVIIIe siècle tandis que l’on retiendra chez Kraemer & Cie une exposition monographique consacrée à l’ébéniste Jean-Henri Riesener où l’on peut voir notamment une superbe commode d’époque transition (ill. 2).


2. Jean-Henri Riesener (1734-1806)
Commode, vers 1770
Paris, Maison Kraemer
Photo : Maison Kraemer
3. Michel-Louis Pioche (1764-1839)
Milon de Crotone, 1807
Terre cuite - 34 x 40 x 30,5 cm
Paris, galerie Patrice Bellanger
Photo : galerie Patrice Bellanger

Nous nous focaliserons enfin sur quelques objets datant du XIXe siècle, celui-ci étant fort bien représenté à la Biennale. On commencera tôt dans cette époque avec une terre cuite représentant Milon de Crotone (ill. 3), un sujet très souvent traité par les sculpteurs depuis celui de Pierre Puget. Cette sculpture est exposée, avec beaucoup d’autres, sur le beau stand de la galerie Patrice Bellanger.


4. François-Désiré Froment-Meurice (1802-1855)
Coupe, 1849
Argent et vermeil - 29 x 27 cm ; poids : 1,38 kg
Paris, galerie Chadelaud
Photo : galerie Chadelaud
5. Jean-François Denière (1774-1866)
Pendule dite au philosophe, vers 1845
Bronze - 81 x 43 x 26 cm
Paris, galerie Aaron
Photo : galerie Aaron

On sautera ensuite plusieurs décennies pour arriver au milieu du siècle avec une coupe en argent et vermeil néo-gothique de François-Désiré Froment-Meurice (ill. 4), galerie Chadelaud, où l’on verra aussi quelques meubles fin de siècle extravagants comme le spectaculaire et unique Bahut Marine de François Linke. Chez Aaron, une pendule Louis-Philippe portant une figure de Philosophe (ill. 5) rappelle que beaucoup de bronzes de cette époque étaient destinés à cet usage ornemental.


6. Fabrique des frères Deck (1858-1905)
Auguste Hirsch (1833-1912)
Plat (d’une paire), 1875 et 1881
Céramique - Diamètre : 61 cm
Paris, galerie Vauclair
Photo : galerie Vauclair
7. Manufacture Lorin
Le départ pour la chasse, 1883
Vitrail - 232 x 110 cm
Paris, galerie Marc Maison
Photo : galerie Marc Maison

Parmi beaucoup d’objets de qualité, on retiendra galerie Vauclair une paire de plats de la fabrique Deck peints par Alexandre-Auguste Hirsch (ill. 6) et, enfin chez Marc Maison un grand vitrail de la manufacture Lorin, Le Départ pour la chasse (ill. 7). Sa provenance, le château des Ollières à Nice, fait cependant regretter qu’il ne soit pas resté en place, même si sa dépose semble ancienne...

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