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L’urbanisme de projet : le retour des démolisseurs

Il y a deux choses dans un édifice : son usage et sa beauté. Son usage appartient au propriétaire, sa beauté à tout le monde, à vous, à moi, à nous tous. Donc, le détruire c’est dépasser son droit. (Victor Hugo)

Avignon
Photo : Didier Rykner

Depuis son arrivée au pouvoir, la profonde indifférence du chef de l’Etat pour le patrimoine a libéré la parole et les ambitions des nombreux élus locaux qui souhaitent s’affranchir de toutes les règles ayant régi depuis près de deux siècles la protection des sites, des villes et des monuments historiques.
Nous avons ainsi assisté, ces dernières années, à de nombreuses attaques, plus ou moins concertées, qui ont déjà atteint profondément le système de protection français du patrimoine : transformation des Zones de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager ZPPAUP en « aires de valorisation » (voir l’article), réduction corollaire des pouvoirs des architectes des bâtiments de France, multiples tentatives de se débarrasser du patrimoine public,...

Mais l’offensive en cours actuellement est la plus grave que nous connaissions jamais advenue depuis fort longtemps, d’autant plus insidieuse qu’elle est massive et discrète. Elle pourrait aboutir, si elle est menée jusqu’au bout, à une véritable catastrophe, faisant revenir la France à l’urbanisme délirant des années 60 et 70 qui a tant contribué à enlaidir nos villes. Tout cela dans une indifférence complète du public qui n’est pas informé des tenants et des aboutissants de ce projet que la presse - et nous les premiers, qui n’en avons pris connaissance que ces derniers jours - n’a pas vu venir. Chacun semble parfois vouloir se contenter, une fois par an, de faire la fête du patrimoine pendant qu’on met à bas les moyens de le sauvegarder.
Cette offensive est menée de façon concertée et particulièrement habile par un groupe d’élus locaux, députés et sénateurs. Trois fronts sont en effet ouverts parallèlement, pour…

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