Contenu abonnés
Imaginaire de l’Arioste, l’Arioste imaginé
Paris, Musée du Louvre, du 26 février au 18 mai 2009.
Coque d’un navire portée par un dragon
et esquisse d’un dragon
Plume et encre brune, lavis brun, pierre noire - 19,4 x 28,3 cm
Paris, musée du Louvre
Photo : Musée du Louvre
Lorsque Ludovico Ariosto, dit l’Arioste, fait paraître son Orlando furioso (Roland furieux) à Ferrare en 1516, il ne se doute probablement pas du retentissement que connaîtra son œuvre en Europe jusqu’au XIXe siècle. Si les lecteurs de cette épopée-fleuve se font rares aujourd’hui, les amateurs de littérature chevaleresque ont tout de même quelque familiarité avec un récit riche en combats, idylles et trahisons. C’est bien cette optique de l’imaginaire que privilégie une telle exposition : sont évoquées aussi bien la fortune esthétique que les origines culturelles de l’œuvre littéraire de l’Arioste, formidable source d’inspiration de générations d’artistes rêvant de gloire et de drame. Jamais on ne sombre dans un catalogue ennuyeux et peu utile des œuvres illustrant le Roland furieux : impossible bien entendu de quantifier cette production, dont les musées français à eux seuls conservent de très nombreux témoignages [1]. L’idée est bien moins de prétendre à une somme des interprétations iconographiques que d’envisager les influences, l’héritage et les mutations du Roland furieux, à la fois manifeste et témoignage d’un idéal chevaleresque fantasmé à toutes les époques depuis le Moyen-Âge.
Toutefois, comme pour la plupart des expositions organisées galerie Mollien, les tableaux, dessins et sculptures présentés proviennent presque tous du Louvre, dont les collections, aussi riches soient-elles, ne peuvent donner qu’une idée très partielle du sujet. A contrario, certaines pièces capitales sont restées dans leurs salles habituelles : pourquoi se priver de l’Angélique et Médor de Toussaint Dubreuil [2] ou du Roland furieux de Jehan Duseigneur ? [3] Une exposition thématique doit-elle se limiter à, ou du moins…