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H.G. Ibels, un nabi engagé
Albi, Musée Toulouse-Lautrec, du 4 avril au 26 juillet 2026.
« Ibels est partout », constatait en 1897 le critique d’art André Mellerio [1]. Mais aujourd’hui, où donc est-il ce nabi-là ? Tombé dans l’oubli. Son surnom donne peut-être la clé de cet effacement : alors que ses compères sont surtout connus aujourd’hui pour leurs peintures décoratives composées d’aplats de couleurs et de formes cernées — bien qu’ils aient aussi réalisé des estampes — Ibels, « le nabi journaliste », épousa la carrière d’illustrateur et de dessinateur de presse. Entré à l’Académie Julian en 1888, il fit pourtant partie des membres fondateurs, autour de Paul Sérusier, du groupe des Nabis — « prophètes » en hébreu — et se présenta comme un « peintre » sur le carton d’invitation à l’exposition personnelle qui lui fut consacrée à La Bodinière en 1894. Prophète à mi-temps, il fit aussi partie du groupe de Lagny aux côtés d’artistes néo-impressionnistes tels que Maximilien Luce et Lucien Pissarro, fils de Camille.
Au cirque, L’Estampe originale, Album I, 1893
Lithographie - 49,2 x 26,2 cm
Collection Gérard Tournier
Photo : M. Elsevier Stokmans
Mais ce furent ses lithographies qui firent son succès, destinées à toucher un large public par leur tirage important, leur style clair, leurs sujets simples, « reproduisant des scènes où le bon populo pourrait vraiment se retrouver. Tout ce qui l’amuse d’une grosse joie, ou le fait vibrer d’une grosse émotion : le cirque, le pioupiou, le café concert... » selon les mots de Mellerio (ill. 1). Une production un peu trop accessible, peut-être, pour retenir l’attention de l’histoire de l’art.
Les musées Maurice-Denis et Toulouse-Lautrec ont fait sortir l’artiste des limbes, en lui consacrant une rétrospective : la première étape à Saint-Germain-en-Laye, qui se déroulait jusqu’en mars dernier, proposait un parcours chronologique, tandis que la seconde, actuellement à Albi, privilégie une présentation thématique pour mieux…