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Jardins des Lumières (1750-1800)
Versailles, Grand Trianon, du 5 mai au 27 septembre 2026.
À la fois savant et plaisant, le sujet est irrésistible et même idéal pour l’été, dont les très fortes chaleurs ont pourtant condamné l’exposition à fermer ses portes durant plusieurs jours. On finit toujours par se demander si le Grand Trianon doit vraiment accueillir des manifestations de ce type, d’autant qu’il a fallu cette fois démeubler à la fois le salon des Jardins et la galerie des Cotelle mais aussi toute l’enfilade (entre le salon rond et le salon frais [1]) Nord de ce château de plaisance, avec nous dit-on pour heureuse conséquence le lancement d’un ambitieux chantier de restauration. Malgré tous les efforts déployés par le Studio Tovar, la scénographie de l’exposition ne garantit hélas pas la fluidité de la visite, la foule se pressant volontiers dans ces espaces. Pourtant prolongé d’un foisonnant catalogue au sommaire aguichant mais aux textes souvent bien courts et accompagné à la fin de juin d’un colloque dont le programme fut incontestablement varié, le parcours tend à laisser le visiteur sur sa faim, même s’il est vite incité à continuer la promenade dans les jardins de Trianon.
Photo : Alexandre Lafore
Il faut dire que l’excursion commence mal : la maquette proposée pour éclairer les premières salles évoque plutôt un village Playmobil qu’une thébaïde rousseauiste (ill. 1) et les quelques objets disposés sous un tulle façon moustiquaire sont assez peu valorisés. Plus efficace quand elle adopte une approche terre-à-terre qu’en essayant de théoriser, l’exposition risque cependant à la fois d’égarer les profanes et d’agacer les spécialistes, même s’il reste toujours difficile de trouver un véritable juste milieu. L’ampleur encyclopédique du sujet rend inévitablement le parcours frustrant et l’on ne peut que se perdre en conjectures sur le choix du merveilleux Grand Trianon…