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Gabriel Metsu : un maître redécouvert

Amsterdam, Rijksmuseum du 16 décembre 2010 au 21 mars 2011
Washington, National Gallery of Art du 17 avril au 24 juillet 2011

1. Gabriel Metsu (1629-1667)
L’Enfant malade, vers 1664-1666
Huile sur toile - 32,2 x 27,2 cm
Amsterdam, Rijksmuseum
Photo : Service de presse
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Un artiste comme Gabriel Metsu incite à reconsidérer la question - passablement déprimante - de la minceur du corpus des « grands peintres » que l’industrie culturelle ne rougit pas d’offrir perpétuellement au panurgisme du public. Combien d’artistes, parmi les milliers de peintres qui témoignèrent dans l’Histoire de l’Art européen d’un talent supérieur, accèdent à une véritable notoriété, au niveau de célébrité requis pour susciter rétrospectives et monographies ? Or, selon la dialectique irritante de l’œuf et de la poule, sans l’organisation d’expositions ouvrant dans l’esprit du public des perspectives inédites, sans la publication de « beaux livres » éclairant les chemins moins fréquentés de la discipline (la prochaine monographie sur Caravage - dont la parution est probablement imminente - devrait être accueillie avec la dernière férocité), il ne saurait être question de sortir de l’équation infernale qui fait que le public étant réputé n’avoir d’appétence que pour les rares artistes qui lui sont familiers (vivement la prochaine exposition impressionniste !), on ne lui propose, sauf exception - redisons ici à quel point l’exposition Gérôme (voir l’article) a constitué, cette saison, une bouffée d’air (capiteux) - que des livres et des manifestations qui s’y rapportent. Il y a assurément mieux à proposer et l’exposition Metsu présentée cet automne à la National Gallery de Dublin et que l’on peut aller voir cet hiver à Amsterdam a, au moins, le mérite de s’employer à le faire, tout en posant la question passionnante de la réputation fluctuante des peintres anciens à travers le cas de cet artiste des Pays-Bas. Non contente d’aligner avec Rembrandt et Vermeer deux des très rares stars que compte aujourd’hui la peinture du XVIIe siècle (trois avec Frans Hals dont l’étoile a, hélas, semblé pâlir ces dernières décennies auprès du grand public), cette nation nouvelle alors, héritière indivise, avec les Pays-Bas espagnols, de la seule tradition picturale européenne qui se puisse comparer avec celle de l’Italie, suscita une école d’une ampleur et d’une originalité qui en font un sujet d’investigation - et d’émerveillement – à peu près inépuisable.

Gabriel Metsu compte indéniablement parmi les surdoués de l’école, un surdoué aujourd’hui méconnu. Les promoteurs de la manifestation (à Amsterdam même !) ont choisi d’attirer le visiteur en lui promettant la redécouverte – on nous cache tout, on (ne) nous dit rien – d’un maître (Gabriel Metsu : Een meester herontdekt). La question de notoriété de Metsu souligne la labilité d’une histoire du goût fertile en renversements – sujet captivant, s’il en est – tout en dessinant en creux la cruelle incapacité de l’Histoire de l’Art à trouver aujourd’hui un écho véritable auprès du public. La dernière rétrospective de l’œuvre…

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