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Festins de la Renaissance. Cuisine et trésors de la table

Bénédicte Bonnet Saint-Georges

Blois, Château royal, du 7 juillet au 21 octobre 2012

1. Suiveur de Jan II Brueghel le Jeune (1601-1678)
Allégorie du goût, 2e quart du XVIIe siècle
Huile sur toile - 76 x 106 cm
La Fère, Musée Jeanne d’Aboville
Photo : F.Lauginie
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Le château de Blois met en scène les festins de la Renaissance en présentant dans leur contexte des objets - pièces archéologiques et muséales - liés au repas aristocratique. Le pari était osé car les sources sont rares et le XVIe est une période de transition en matière de cuisine et d’usages. Le parcours, à la fois chronologique - il évolue de Charles VIII à Louis XIII - et thématique, aborde les mets de la Renaissance, les manières de table et la vaisselle d’apparat, trois aspects dont l’Allégorie du goût offre un aperçu fastueux (ill. 1) ; ces thèmes permettent de distinguer trois univers : la cuisine et la vaisselle d’office, le lieu du repas où trône la vaisselle de table et de dignité, le cabinet enfin où se dévoile la vaisselle d’apparat.
La muséographie est claire, malgré les espaces qui donnent un sentiment d’exiguïté et la lumière trop tamisée (ill. 2 et 3). On peut en outre regretter les reflets des vitrines qui empêchent d’observer correctement les objets, mais ceux-ci sont mis en scène de manière didactique et vivante. Le catalogue en est vraiment un, puisqu’il reproduit les œuvres avec des notices détaillées, tandis que les essais témoignent d’une étroite collaboration entre archéologues et historiens d’art, et offrent une première synthèse sur ce sujet jamais abordé jusqu’ici, agréablement ponctué de citations de L’Isle des Hermaphrodites, Rabelais ou Erasme. L’absence d’index en revanche rend sa consultation très fastidieuse.


2. Vue de l’exposition.
Les cuisines et la vaisselle d’office
Photo : F.Lauginie
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3. Vue de l’exposition
A gauche la table est dressée,
à droite présentation sur un dressoir de la vaisselle d’apparat
Photo : BBSG
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Cuisines ou festins, les commissaires ont dû passer par des peintures flamandes, hollandaises et italiennes, parfois tardives, pour illustrer ça et là le propos. Car si les banquets des rois et des princes sont décrits par les chroniqueurs et les ambassadeurs étrangers, leur iconographie en France reste rare. Les représentions des repas se font par le biais de la Bible ou de la mythologie, certes dans des scènes adaptées à la mode du XVIe, mais sans qu’on ait l’assurance de leur fidélité aux habitudes de l’époque. Étonnamment, les périodes antérieures - Antiquité et Moyen-Âge - sont plus documentées ; beaucoup de recherches ont en effet été réalisées et l’iconographie est riche.

Les Noces de Cana de Véronèse donnent une idée des mets et des usages du XVIe : au fond à gauche un buffet d’orfèvrerie se dresse majestueusement ; les convives utilisent l’un, un cure-dent, l’autre, une fourchette, des tranchoirs et des couples plates en verre pour le vin. Les confiseries qui ont envahi la table marquent la fin du repas :…

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