Contenu abonnés
Escalier de la BnF : les faux arguments budgétaires qui justifient sa destruction
Escalier menant au Cabinet des Médailles
Paris, Bibliothèque nationale, site Richelieu
Photo : Didier Rykner
Dans un article intitulé « Filippetti a l’esprit d’escalier », le Canard Enchaîné, sous la plume de David Fontaine, donne des précisions sur la décision du ministère de livrer l’escalier de Jean-Louis Pascal aux appétits destructeurs de la Bibliothèque nationale.
On y apprend ainsi que l’escalier inscrit aux monuments historiques dont nous contons depuis maintenant plusieurs années les mésaventures tragiques [1], a donné lieu à un « furieux débat » au sein du cabinet d’Aurélie Filippetti. Celle-ci était en effet, comme nous l’avions d’ailleurs écrit, résolue à sauver l’escalier. Mais d’après un fonctionnaire de la Direction du Patrimoine cité par le Canard : « paradoxalement, maintenir l’escalier coûterait aujourd’hui de 8 à 10 millions d’euros supplémentaires ! » L’auteur de l’article ne se laisse évidemment pas prendre à cet argument grotesque, ajoutant ainsi : « Tandis que démolir et reconstruire à neuf coûterait bien sûr moins... ».
L’explication de ce surcoût serait le suivant : pour le sauver, il faudrait « modifier le projet architectural, demander un permis de construire, décrocher un nouvel agrément de sécurité, ce qui ferait prendre au minimum dix-huit mois de retard supplémentaire au chantier... ». Officiellement, la ministre qui a donné son feu vert regretterait tout cela. Qu’à cela ne tienne : les arguments de coûts et de délais ne tiennent absolument pas comme nous sommes heureux de pouvoir le lui démontrer ici-même.
En effet, nous l’avions déjà dit, Frédéric Mitterrand avait d’abord décidé de conserver l’escalier, avant d’autoriser sa destruction à la veille de son départ du ministère comme il le reconnaît piteusement dans son livre « La Récréation » [2]. Mais ce qu’on oublie peut-être, c’est que le 22 avril 2010, Claire Bommelaer révélait dans le Figaro que…