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En chair et en os. Paul Richer, l’art et la médecine
Chartres, Musée des Beaux-Arts, du 16 mars au 16 juin 2024.
Nous l’écrivions en décembre dernier (voir l’article), la récente redécouverte dans ses réserves d’un ensemble de sculptures de Paul Richer incita le musée des Beaux-Arts de Chartres à lui consacrer une rétrospective. Une grande première que la surface réduite allouée aux expositions temporaires contraignit à scinder en deux volets successifs, dotés d’un catalogue commun. Deux décennies de sculpture du travail furent d’abord dévoilées, panel d’une quarantaine de sculptures, dessins et objets décoratifs des années 1880 et 1890, avant que ne prenne actuellement place la production de dessins, de sculptures et d’ouvrages attachés au domaine médical dans lequel exerçait Paul Richer, anatomiste et neurologue de renom. Deux corpus perméables qu’on peinera parfois à rapprocher du fait de leur présentation dissociée qui n’en demeure pas moins remarquable.
L’Art et la Science devant Minerve,
Salon de 1930
Plâtre - 250 x 150 x 74 cm
Chartres, Musée des Beaux-Arts
Photo : JD
Portrait de Louis Pasteur, Salon de 1902
Plâtre - 73 x 53 x 42 cm
Chartres, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Chartres
Une soixantaine d’œuvres a été réunie pour ce second volet couvrant cette fois l’ensemble de la carrière de Richer, des premiers croquis exécutés sur le front de la guerre franco-prussienne en 1870 où, jeune étudiant en médecine, il s’engagea comme assistant-chirurgien, jusqu’au monumental projet en plâtre présenté au Salon de 1930, trois ans avant sa mort, L’Art et la Science devant Minerve (ill. 1), qu’il qualifia de « testament sculpté de ma main », allégorie de l’imbrication entre art et sciences qui présida à son œuvre. Il relève du petit noyau monographique conservé par Chartres suite au don consenti par la veuve de l’artiste en 1934 dont témoignent également, dans ce second volet, le Portrait de…