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Deux expositions sur Grünewald à Colmar et Karlsruhe
Grünewald et le retable d’Issenheim. Regards sur un chef-d’œuvre. Colmar, Musée d’Unterlinden, du 8 décembre 2007 au 2 mars 2008.
Grünewald und seine Zeit. Karlruhe, Staatliche Kunsthalle, du 8 décembre 2007 au 2 mars 2008
Retable d’Issenheim
Saint Sébastien - La Crucifixion - Saint Antoine
Déploration sur le corps du Christ
Panneau - 330 x 590 cm
Colmar, Musée d’Unterlinden
Photo : Musée d’Unterlinden – Colmar / Photo O. Zimmermann
Les musées de Colmar et de Karlsruhe se sont associés dans un projet transfrontalier autour de la figure de l’énigmatique auteur du sublime Retable d’Issenheim [1] (ill. 1). Une double rétrospective exceptionnelle car les œuvres de l’artiste sont rares (une douzaine de retables et de panneaux peints, moins d’une quarantaine de dessins…) et difficilement déplaçables en raison de leur fragilité.
A Colmar, le célèbre Retable demeure évidemment dans la chapelle de l’ancien couvent des Dominicaines, où il déploie ses panneaux, tandis qu’au sous-sol les dessins sont exposés dans les salles d’exposition temporaire. La mise en scène, évoquant un cloître et où les œuvres sont superbement mises en valeur, est remarquable d’intelligence. Les feuilles sont exposées dans des niches qui incitent, sous une lumière tamisée mais fort judicieusement focalisée sur les fragiles papiers, à la contemplation. On peut ainsi admirer des études préparatoires au Retable ainsi que des œuvres graphiques des contemporains germaniques de Grünewald : Holbein, Cranach l’Ancien, Dürer, Baldung Grien (ill. 2) et Altdorfer, ou même italiens avec une des Draperies de Léonard de Vinci du Louvre. On n’oubliera pas les sculptures sur bois polychromé dont plusieurs sont dues à Nicolas de Haguenau, l’auteur souvent passé sous silence du chœur sculpté du Retable.
A Karlsruhe, sous une lumière qui ne rend pas aux œuvres toute leur force, on assiste à une magistrale variation autour des scènes de la Passion. A côté des deux Crucifixion de Grünewald [2], aux côtés des mêmes grands noms et d’autres moins célèbres (Urs Graf, Hans Burgkmair, Jörg Breu, Israhel van Meckenem… sans compter les anonymes Maîtres…