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Cezanne et les maîtres : entretien avec Alain Tapié

Paris, Musée Marmottan, du 27 février au 5 juillet 2020.

Cezanne n’est jamais allé en Italie, mais il a regardé les maîtres italiens des XVIe et XVIIe siècles. Il les contempla au Louvre, dans les musées d’Aix en Provence et de Marseille. Il compulsa aussi des magazines et des recueils d’images. Les œuvres des peintres de Venise - Titien, Tintoret, Jacopo Bassano -, de Naples - José de Ribera et Luca Giordano -, de Rome - Poussin notamment - marquèrent le maître d’Aix.
C’est ce qu’a voulu montrer l’exposition du Musée Marmottan, qui a ouvert le 27 février et que nous n’avions pas encore vue. Interrompue par la crise du coronavirus, elle est censée se tenir jusqu’au 5 juillet 2020. Ses commissaires sont Marianne Mathieu, directrice scientifique du musée et Alain Tapié directeur honoraire des musées de Caen et de Lille.

Entretien avec Alain Tapié.


1. Paul Cezanne (1839–1906)
La Montagne Sainte-Victoire , vers 1890 Huile sur toile - 65 x 95,2 cm
Paris, Musée d’Orsay
Photo : RMN-GP / Orsay) / Hervé Lewandowski
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Vous proposez une lecture inédite de l’œuvre de Cezanne ; comment est né ce projet au Musée Marmottan ?

Il s’agit de proposer une approche nouvelle qui a pour vocation d’enrichir la connaissance de l’œuvre de Cezanne, mais aussi d’en faire usage pour une lecture cezannienne des œuvres du passé.
Dans un contexte où des expositions, même originales, sont tirées vers une lecture événementielle, laissant à l’écart la recherche et la prospective historique, le Musée Marmottan-Monet, et notamment Marianne Mathieu, a fait preuve d’audace en programmant cette exposition ; il explore ainsi les passages entre l’instantanéité des paysages de Monet et l’intemporalité de ceux de Cezanne (ill. 1).
Le catalogue fait état, à travers les contributions de Denis Coutagne, président de la société Cezanne, d’une inspiration des recherches de cette institution. L’histoire de l’art italienne est représentée par deux figures majeures, Claudio Strinati pour la peinture ancienne, Maria Teresa Benedetti pour la peinture moderne, ils évoquent la permanence passée et future de l’art de Cezanne en Italie.

Cezanne ne revendiqua pas l’influence des Italiens et cette filiation n’apparaît pas explicitement dans ses œuvres. Quelle influence la peinture italienne des XVIe et XVIIe siècles eut-elle sur son art ?

Cezanne « rêve » devant ces peintures, c’est le mot qu’il emploie dans sa correspondance ; il rêve jusqu’à les imaginer, à en deviner la portée profonde surtout lorsqu’il les repère à travers des graphismes sommaires vus dans les magazines d’illustration. De Venise, il retient Titien, les obliques ténébreuses de Tintoret inspirées des martyrs des descentes de croix, Bassano, les lignes de force irradiantes du Greco. De Naples, Ribera, Giordano, Recco, mais aussi les reproductions des fresques pompéiennes. De Rome, il retient Poussin, les fulgurances pathétiques d’un Salvator Rosa, Le Lorrain et les peintres d’une poésie élégiaque.
Dans ses références à la peinture…

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