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Boilly (1761-1845)

Lille, Palais des Beaux-Arts, du 4 novembre 2011 au 6 février 2012.

1. Louis-Léopold Boilly (1761-1845)
Une jeune fille à la fenêtre, après 1799
Huile sur toile - 55,2 x 47,5 cm
Londres, National Gallery
Photo : The National Gallery
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« Grand ou petit Maître ? » s’interroge Jacques Foucart dans un essai du catalogue qui multiplie les interrogations [1]. La question n’est pas nouvelle et l’exposition lilloise de ce peintre très souvent réduit au rôle de portraitiste-à-la-va-vite (ce qu’il fut au demeurant, produisant des centaines, voire des milliers [2] de petits tableaux de format similaire – environ 22 x 17 cm), permet de (re)découvrir la riche diversité du peintre au travers d’une présentation de quelque 190 œuvres prêtées par les plus grandes institutions internationales, britanniques ou américaines, allemandes ou russes, ainsi que par les grands musées français.

Dans l’espace réservé aux expositions temporaires, l’architecte Thierry Germe a su organiser, en accord avec la commissaire, Annie Scottez-De Wambrechies (secondée par Florence Raymond), une scénographie élégante, n’écrasant jamais les toiles (dont bien peu dépassent le format moyen) et les dessins, permettant d’intéressantes confrontations entre travaux préparatoires et œuvres achevées [3], variant les teintes des cimaises de manière à s’adapter aux divers moments de la carrière de Boilly. Ainsi le parcours, chronologique à l’exception de la première (« Boilly, sa famille et ses proches ») et de la dernière sections (« Le Trompe-l’œil, l’art de l’illusion »), permet-il de suivre une évolution originale qui contourne les modes picturales : en effet, Boilly prolonge par son inspiration, en pleine période de néo-classicisme triomphant, l’art galant ou moralisateur du XVIIIe siècle, de même qu’il ignore la grande peinture d’Histoire pourtant appelée au service de la gloire impériale, et qu’il se désintéresse du paysage alors que celui-ci forme l’un des axes du Romantisme naissant. Un vrai « Talleyrand de la peinture » selon le toujours très inspiré Alain Tapié.

Avant l’entrée même dans l’exposition, sous le nom de Louis Boilly inscrit en grandes lettres, un large agrandissement de la dernière œuvre présentée, Une jeune fille à la fenêtre (ill. 1) s’offre, tel un de ces « caprices » architecturaux, comme un assemblages des diverses facettes de l’art de notre artiste : il s’agit d’un portrait (même s’il n’appartient pas à ces « petits portraits » qui ont fait sa renommée), sans doute celui de sa première femme dont on verra, dans la salle d’introduction, la tête saisie dans la même attitude sur un superbe dessin à la pierre noire conservé au Château-Musée de Boulogne-sur-Mer ; ce portrait à l’huile est « traité en grisaille à l’imitation de l’estampe [4] » (pratique dont on verra nombre d’exemples dans l’exposition : Le Cadeau délicat, v. 1791, Paris, musée des Arts décoratifs ; Ah ! ça ira et Les Cœurs reconnaissants, v. 1789-1790, coll. part. ; Mes Petits Soldats, 1809, Douai, musée de la Chartreuse) ; la jeune fille…

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