
d’après Franz rXaver Winterhalter (1805-1873)
L’impératrice Eugénie entourée
de ses dames d’honneur, 1968
Huile sur toile - 292 x 415 cm
Préempté par le château de Fontainebleau
Photo : Boisgirard-Antonini
21/4/23 - Musée - Fontainebleau, Musée Napoléon Ier - Dans le mail reçu de Marie-Christine Labourdette justifiant la préemption par le château de Fontainebleau d’une copie du tableau de Franz Xaver Winterhalter (voir l’article) : L’impératrice Eugénie et ses dames d’honneur, celle-ci se croyait autorisée à invoquer la politique menée par Colombe et Jean-Pierre Samoyault qui étaient conservateurs du musée entre 1970 et 1994.
Nous avons donc interrogé Jean-Pierre Samoyault (son épouse Colombe est malheureusement disparue en 2009) pour savoir ce qu’il pensait de cette acquisition. Sa réponse, bien que mesurée dans le ton, ne laisse pas de place au doute. Il nous a autorisé à la reproduire ici :
« A la suite de l’acquisition faite en vente publique par le château de Fontainebleau d’une copie du célèbre tableau de Winterhalter, vous me demandez si je valide cette acquisition et si elle complète le travail de restitution du musée chinois que ma femme et moi avons accompli lorsque nous étions conservateurs en poste dans ce château.
Je me suis toujours fixé comme ligne de conduite de ne pas exprimer publiquement un jugement sur la politique de restauration ou d’acquisition de mes successeurs à la tête du musée national puis de l’établissement public du château de Fontainebleau. Ai-je à déroger à cette attitude aujourd’hui dans le cas que vous évoquez ? Une chose est certaine, je n’imaginais pas, en remettant en état le salon-galerie au début des années 1990, voir installer un jour une copie à l’emplacement de l’original. Nous savions que le retour du tableau était impossible, mais l’histoire n’a jamais dit son dernier mot.
Sur le second point de votre message, la phrase tirée de la lettre que vous a adressée Madame Labourdette, selon laquelle l’installation de la copie nouvellement acquise achève notre travail, est un point de vue exprimé par la présidente et non le mien. J’aurais préféré qu’un hommage aux effets bénéfiques de mon action à la tête du musée national pendant près de vingt-cinq ans ait été rendu dans une circonstance qui ne confonde pas restauration fidèle et reconstitution à tout prix. »
Très diplomatiquement donc, mais sans ambiguïté, Jean-Pierre Samoyault ne valide en aucune façon cet achat censé poursuivre sa politique dont se réclame imprudemment la présidente de l’établissement public. Nous persistons donc à demander que cette préemption qui ridiculise les musées français ne soit pas confirmée et que l’adjudicataire de cette œuvre auquel Fontainebleau a voulu se substituer puisse la récupérer.