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Abraham Bosse, savant graveur

Didier Rykner

Paris, Bibliothèque Nationale de France, site Richelieu, galerie Mazarine. Exposition terminée le 11 juillet 2004.
Tours, Musée des Beaux-Arts. Exposition terminée le 18 juillet 2004.

La Bibliothèque Nationale et le Musée de Tours se sont associés pour nous offrir deux expositions Abraham Bosse. Leur intérêt est qu’elles sont à la fois complémentaires - Paris s’intéressant davantage à la première partie de sa carrière et à ses contemporains graveurs en France, Tours insistant sur l’Abraham Bosse théoricien - et autonomes. Les commissaires ont en effet eu soin d’évoquer, sur les deux lieux, toutes les facettes de sa production en présentant en double certaines estampes majeures. Le très bon catalogue commun complète l’ensemble et le réunifie.


1. Abraham Bosse (1604-1676)
La femme battant son mari, vers 1633
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2. Abraham Bosse (1604-1676)
Le cordonnier
(série Les métiers)
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Si les scènes de la vie quotidienne ont valu à Bosse une notoriété supérieure aux autres graveurs français du XVIIe siècle, cette popularité n’est pas exempte de malentendus. D’abord parce que ces estampes ne forment qu’une partie somme toute réduite de son importante production, ensuite parce qu’elles ont donné de l’artiste une vision un peu compassée, qu’on a associé volontiers à sa religion. Bosse, le protestant, ne pouvait être qu’austère et ennuyeux. L’exposition montre qu’il n’en est rien. Une observation attentive de ses gravures révèle un tempérament souvent léger, leste parfois. L’humour y est fréquemment présent, sous la forme de détails ou dans le texte accompagnant l’image. Quelques exemples doivent inciter le visiteur à s’attarder sur ce côté méconnu de sa personnalité. Dans La femme battant son mari (ill. 1, cat. 83), on nage en plein vaudeville. L’amant est caché derrière le lit, la sœur bat le frère, même les animaux s’y mettent avec la poule qui s’attaque au coq. Les gestes du couple et le regard amusé de la femme ôte à la scène toute connotation dramatique : il s’agit bien d’une comédie. La scène la plus anodine peut avoir un double sens. Ainsi Le cordonnier (ill. 2, cat. 72) semble au premier…

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