Contenu abonnés
Un Enterrement qui reprend vie
30/9/26 - Restauration – Paris, musée d’Orsay – Les restaurateurs d’un tableau cherchent moins à lui rendre son apparence originale, qu’à déterminer quel état privilégier : quel format retenir s’il en a connu plusieurs ? Faut-il masquer un repentir devenu visible avec le temps ? Doit-on conserver une ancienne restauration lorsqu’elle appartient à l’histoire matérielle de l’œuvre ? Autant de questions qui exigent des choix et une part d’interprétation.
Un enterrement à Ornans, 1849-1850
avant restauration
Huile sur toile - 315 x 668 cm.
Paris, Musée d’Orsay
Photo : RMN-GP/H. Lewandowski
L’Enterrement à Ornans fournit un passionnant exemple, lui dont la restauration s’est déroulée sous les yeux du public au musée d’Orsay entre mai 2025 au et août 2026 [1] (ill. 1 et 2). Ce chef-d’œuvre de Gustave Courbet, qui fit scandale au Salon de 1850, a beaucoup voyagé du vivant même de l’artiste soucieux de le faire connaître. Pour le déplacer, il a fallu à chaque fois démonter la toile, la rouler, puis la remettre sur une châssis, autant de manipulations qui ont eu de fâcheuses répercussions sur ce format monumental : des plis, des déformations, des déchirures ont abimé le support composé de plusieurs lés cousus les uns aux autres. Fait remarquable néanmoins pour un tableau de ces dimensions, L’Enterrement à Ornans n’a jamais été rentoilé.
Entrée dans les collections nationales en 1881 grâce au don de Juliette Courbet, sœur du maître, l’œuvre fut installée en 1884 sur un nouveau châssis qui s’est progressivement déformé sous le poids de la toile, entraînant son relâchement et une fragilité des coutures. La peinture proprement dite a souffert, elle aussi, éclipsée par plusieurs couches de vernis jaunis qui en modifiaient les couleurs et altéraient la lisibilité de la scène.
Un enterrement à Ornans, 1849-1850
après restauration
Huile…