10/1/20 - Vandalisme - Pyrénées-Atlantiques - Plusieurs statues de la Vierge ont été vandalisées dans des églises paloises et proches de Pau hier matin. Il faut distinguer deux choses dans ces actes qui ne sont malheureusement pas isolés. D’abord, évidemment, la profanation et la nature antichrétienne de ces attaques qui sont évidemment très inquiétantes et scandaleuses. Mais l’objet de La Tribune de l’Art est différent. Nous nous intéressons à l’histoire de l’art, au patrimoine et à sa sauvegarde. Et de ce point de vue, la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Nouvelle-Aquitaine, que nous avons interrogée aujourd’hui et que nous remercions de nous avoir répondu rapidement, est très rassurante [1]. Le Conservateur des Antiquités et Objets d’Art des Pyrénées Atlantiques s’est en effet rendu sur les lieux et a pu constater, d’une part, que contrairement à ce qui avait pu être déclaré à la presse quotidienne régionale par le clergé, aucune œuvre protégée monument historique n’avait été touchée. « Toutes ces statues sont de facture récente, les plus anciennes datant du début XXe (Vierge miraculeuse de style rue du Bac), les autres étant aussi de série, objets de dons dans les années 50 » comme nous a écrit la DRAC. Sous réserve d’un inventaire plus précis, il semble donc que les dommages patrimoniaux soient faibles, voire inexistants. L’auteur des faits - un individu aurait été interpellé par la police - s’étant acharné sur les œuvres et les ayant brisées en plusieurs morceaux, « la restauration paraît illusoire, compte tenu par ailleurs du caractère patrimonial relatif de celle-ci ».
Bien sûr, la DRAC conclut : « Cette absence relative de valeur patrimoniale n’enlève naturellement rien au traumatisme enduré par la communauté catholique et même au delà ».
Si l’on peut être soulagé de ce bilan, car l’église Saint-Martin notamment est riche en œuvres d’art (voir celles que nous avons déjà entrées dans la base Stella), il reste que cette vague d’iconoclastie est particulièrement inquiétante. Alors que les vols dans les édifices religieux, malgré quelques exceptions récentes, ont tendance à diminuer fortement, on peut craindre que ce soit désormais le pur vandalisme qui menace les œuvres de nos églises. Espérons que cela n’incitera pas à davantage de fermetures des édifices religieux souvent inaccessibles aux amateurs d’art comme aux croyants.
