Une peinture mexicaine pour Richmond


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1. Luis Berrueco (actif dans la
première moitié du XVIIIe siècle)
Vierge de Guadalupe
Huile sur toile - 203 x 138 cm
Richmond, Virginia Museum of Fine Arts
Photo : VMFA

23/3/16 - Acquisition - Richmond, Virginia Museum of Fine Art - Le musée de Richmond a acquis, auprès de la galerie madrilène Carteia Fine Arts, une peinture mexicaine de Luis Berrueco, artiste actif à Puebla dans la première moitié du XVIIIe siècle, représentant la Vierge de Guadalupe (ill. 1)

La légende de la Vierge de Guadalupe est très populaire au Mexique (elle est la patronne du pays et celle de Mexico) et a donné lieu à de nombreuses représentations. Un paysan d’origine aztèque, Juan Diego, vit apparaître la Vierge dans un endroit particulièrement aride, qui lui indiqua souhaiter qu’on y construise une église. Alors que l’évêque de Mexico lui demandait une preuve de sa vision, il revint sur les lieux et vit que des roses avaient éclos en quantité là où rien ne poussait. Il les réunit dans un pli de son manteau, et lorsqu’il voulut les dévoiler, on vit à leur place l’image de la Vierge qui s’était imprimée. C’est cette représentation de la Vierge, sur un croissant de lune, avec un manteau couvert d’étoiles d’or et une robe rose portant des dessins de fleurs que l’on retrouve, presque identique, dans tous les tableaux montrant ce sujet.


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2. La Vierge de Guadalupe dans les salles de peinture européenne
Photo : VMFA

Dans l’œuvre acquise par le Virginia Museum of Fine Arts, le peintre a figuré en haut de la toile Dieu le père, tandis que des putti l’entourent ainsi qu’une guirlande de roses, et que quatre scènes dans les coins du tableau montrent la légende (en haut à gauche, l’apparition, puis dans le sens des aiguilles d’une montre : Juan Diego partant voir l’évêque, puis cueillant les roses qu’il dépose dans son manteau, et enfin présentant l’image de la Vierge à l’évêque agenouillé).

La peinture mexicaine est souvent en retard par rapport à celle de l’Espagne. Cette scène, peinte dans la première moitié du XVIIIe siècle, a un style qui rappelle davantage la peinture espagnole datant d’un siècle plus tôt. La naïveté réelle de cette œuvre est cependant compensée par la fraîcheur de son inspiration et la qualité et la délicatesse de ses coloris. Il s’agit de la première peinture coloniale acquise par le musée, et son conservateur, Mitchell Merling, a choisi de l’accrocher au milieu des peintures européennes dont il a la charge (ill. 2).


Didier Rykner, mercredi 23 mars 2016





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