Une peinture de Jacopo Vignali pour The Frances Lehman Loeb Art Center


12/5/15 - Acquisition - Poughkeepsie, Vassar College, The Frances Lehman Loeb Art Center - Ce musée d’université américain, situé dans l’État de New York, a récemment pu acheter à la foire de Maastricht, sur le stand de Robilant + Voena, une peinture de Jacopo Vignali représentant Moïse sauvée des eaux (ill. 1), qui était passée en vente à Florence chez Pandolfini le 28 octobre 2014. Le Frances Lehman Loeb Art Center possédait déjà, depuis 1937, une des deux esquisses à l’huile connues pour cette composition (ill. 2).


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1. Jacopo Vignali (1592-1664)
Moïse sauvé des eaux, 1625
Huile sur toile - 184 x 210 cm
Poughkeepsie, The Frances Lehman Loeb Art Center
Photo : The Frances Lehman Loeb Art Center
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2. Jacopo Vignali (1592-1664)
Moïse sauvé des eaux, 1625
Huile sur toile - 54 x 61,6 cm
Poughkeepsie, The Frances Lehman Loeb Art Center
Photo : The Frances Lehman Loeb Art Center

Actif à Florence et ses environs - Lucques et Pise - dans la première moitié du XVIIe siècle, Jacopo Vignali fut l’élève de Matteo Rosselli et le maître de Carlo Dolci. Il entra à l’Accademia del Disegno en 1616 et en devint membre académicien en 1622.
Il compta parmi ses commanditaires la puissante famille Pucci, pour laquelle cette peinture fut réalisée en 1625. Elle resta conservée dans la Villa Pucci di Granaiolo jusqu’aux années 1960.

Les différences avec l’esquisse sont notables. Le peintre a modifié la répartition des personnages : deux femmes et non trois se penchent sur le berceau, tandis trois servantes, et non plus deux, entourent la fille de Pharaon. La grâce des attitudes, l’enchaînement fluide des gestes, leur éloquence aussi donnent à la scène une dimension théâtrale, renforcée par le contraste des ombres et des lumières ; le visage de la servante au centre, est à peint visible, seul son bras est éclairé. Vignali a divisé sa composition en deux : à gauche il l’ouvre sur un paysage, tandis qu’il accumule à droite les personnages devant une végétation dense qui bouche la vue. A gauche, la servante, les pieds dans l’eau, porte une tunique rouge, à droite, la couleur rouge est éclatée, dispersée en quelque notes raffinées comme sur une partition : le revers de la robe de la fille de Pharaon, ses poignets également, le collier rouge de sa servante, même le petit chien a deux fleurs sur les oreilles. Le détail de la robe brodée d’or et de perles est un morceau de bravoure.

Cette œuvre vient renforcer de manière significative une petite collection de peinture baroque italienne. Outre l’esquisse déjà citée, une seule autre peinture florentine du XVIIe siècle était conservée par le musée, un « bozzetto » de Jacopo da Empoli.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, vendredi 22 mai 2015





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