Un tableau de Vincent acquis par Langres


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François-André Vincent (1746-1816)
L’Enlèvement de doña Mencia de Mosquera, vers 1778
Huile sur toile - 52 x 75 cm
Langres, Maison des Lumières-Denis Diderot
Photo : Galerie Terradès

31/8/15 - Acquisition - Langres, Maison des Lumières-Denis Diderot - Outre celui des Beaux-Arts, la ville de Langres a ouvert en octobre 2013 un autre musée qui porte le nom de « Maison des Lumières-Denis Diderot ». Installé dans le bel hôtel du Breuil de Saint-Germain, ce musée est consacré comme son nom l’indique au père de l’Encyclopédie (né à Langres en 1713), et plus largement au Siècle des Lumières. Une partie des objets exposés provient de dépôts d’autres institutions. Il est donc logique que Langres tente de combler les manques dans ses collections, notamment en achetant des œuvres d’artistes présents au Salon et commentés par Diderot.

La Maison des Lumières a acquis récemment, auprès de la galerie Terradès, un tableau de François-André Vincent représentant L’enlèvement de doña Mencia de Mosquera, un sujet tiré de de l’Histoire de Gil Blas de Santillane par Alain-René Lesage (lui-même inspiré par un texte espagnol, Lazarillo de Tormes, paru en 1554), qui conte les nombreuses mésaventures de Gil Blas, jeune homme d’extraction pauvre, obligé de gagner sa vie comme domestique après avoir été enlevé par des brigands qui en font leur complice.
La toile, de dimensions modestes, et traitée comme une esquisse, est cependant une œuvre aboutie qui ne prépare pas une plus grande composition. Elle ne fut pas exposée au Salon (on ne sait donc si Diderot l’a vue) mais les thèmes qui y sont abordés (opposition entre fatalité et déterminisme, initiation...) entrent en résonance avec ceux traités par l’écrivain, notamment dans Jacques le Fataliste. Diderot, on le sait, a d’ailleurs lu Gil Blas, et en parle dans une lettre de 1781 envoyée à sa fille Mme de Vandeul.

On voit sur le tableau les voleurs enlever une jeune femme noble, doña Mencia de Mosquera, après avoir attaqué son carrosse. Le passage est celui-ci : « Cela fait, on prit, par ordre du capitaine, la dame qui n’avait point encore rappelé ses esprits, et on la mit à cheval entre les mains d’un voleur des mieux montés. Puis, laissant sur le grand chemin le carrosse et les morts dépouillés, nous emmenâmes avec nous la dame, les mules et les chevaux ».

Cette toile peut être datée des environs de 1778. On renverra, pour davantage de renseignements sur le peintre, aux deux recensions de la rétrospective de Tours et de Montpellier.


Didier Rykner, lundi 31 août 2015





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