Un tableau de Zurbarán acquis par le Timken Museum de San Diego


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Francisco de Zurbarán ou atelier (1598–1664)
Saint François méditant, vers 1635
Huile sur toile
San Diego, Timken Museum of Art
Photo : Timken Museum of Art

4/11/15 - Acquisition - San Diego (Californie), Timken Museum of Art - Saint François d’Assise de Francisco de Zurbarán provenant d’une collection particulière de San Diego, a été acheté par le Timken Museum of Art. L’Art Museum de cette ville, l’année dernière, avait également acquis un autre saint François par le même Zurbarán (voir la brève).

Le franciscain est représenté en buste, de trois-quarts, un crâne dans les mains, la capuche de son habit relevée sur la tête, le visage légèrement tourné sur sa droite, les yeux mi-clos, la bouche entrouverte. Saint François, qu’il soit en extase, en prière ou en méditation, fut peint de nombreuses fois par Zurbarán, dans des positions variées, debout, agenouillé, le visage plus ou moins caché... Le contraste des ombres et des lumières lui donne un côté sculptural et accentue le caractère dramatique ou plutôt mystique de la scène. La sobriété de la toile presque monochrome, camaïeu subtil de bruns, traduit le silence recueilli du saint et fait écho au dépouillement des frères mineurs qui font le choix de vivre dans la pauvreté. Malgré ses vêtements rapiécés, ses ongles noirs, son visage buriné, il est empreint de noblesse. Situé au premier plan, presque dans l’espace du spectateur, il invite celui-ci à méditer avec lui : memento mori.

Ce tableau, qui s’inscrit dans le contexte de la Contre-Réforme, fut probablement peint vers 1635. Il est en effet assez proche du saint François tenant lui aussi un crâne, dans la collection du St Louis Art Museum ou de celui du Milwaukee Art Museum, qui datent de ces mêmes années, sans oublier celui de la National Gallery de Londres.
Il existe plusieurs copies ou répliques de la composition du Timken Museum dont l’une notamment se trouve au Santa Barabara Museum of Art. Si William Jordan pense qu’il s’agit d’un original, Odile Delenda y voit plutôt une bonne réplique d’atelier, peut-être avec la participation du maître, tout comme le tableau de Santa Barbara. Auquel cas, l’original peint par Zurbarán resterait perdu.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, jeudi 5 novembre 2015





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