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Restauration, musée (et dégât des eaux limité)... Actualité de l’École des Beaux-Arts


13/7/17 - Restauration et labellisation - Paris, École nationale supérieure des Beaux-Arts - Le nombre d’institutions culturelles touchées par les très fortes pluies de la nuit du 9 au 10 juillet s’étend encore. Alors que nous avons révélé que le Louvre (voir l’article) et la Bibliothèque nationale (voir la brève du 10/7/17) n’avaient pas été épargnées, alors qu’une partie des archives du ministère de la Culture a été fortement touchée (nous reviendrons sur ce sinistre car il révèle un gros scandale patrimonial), et que selon Actualitté les dégâts sont très importants dans la bibliothèque de l’Assemblée nationale, l’École des Beaux-Arts a, elle aussi, été frappée, par des infiltrations dans l’amphithéâtre peint par Paul Delaroche (ill. 1). Heureusement, les dommages sont extrêmement limités et peu visibles pour un œil non averti. Ils sont néanmoins perceptibles en haut à droite de la composition, dans le ciel (ill. 2) et l’architecture. Ceci est dû au débordement d’une conduite d’évacuation, causé par l’accumulation de quelques canettes laissées là par des étudiants qui étaient montés sur les toits lors de « Nuit debout », l’année dernière. Cette information nous a été confirmée par Jean-Marc Bustamante, le directeur de l’École, qui regrette que les élèves ne soient pas suffisamment conscients qu’ils ne sont pas seulement dans une école mais aussi dans un lieu patrimonial.


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1. Paul Delaroche (7197-1856)
La Renommée distribuant des couronnes, 1841
Huile et cire -
Paris, École nationale des Beaux-Arts, amphithéâtre
Photo : Didier Rykner
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2. Dégâts mineurs mais réels causés par l’inondation
dans l’amphithéâtre des Beaux-Arts sur la peinture
de Paul Delaroche
Photo : Didier Rykner
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Ceci est d’autant plus dommage que l’amphithéâtre vient juste d’être remarquablement restauré sous la direction de l’architecte en chef des monuments historiques François Chatillon. La peinture de Paul Delaroche, La Renommée distribuant des couronnes, exécutée en 1841, est incontestablement un des grands chefs-d’œuvre de l’art français du XIXe siècle. Il est à nouveau révélé dans toutes sa splendeur, inséré dans le reste du décor qui lui sert d’écrin et qui a également été restauré (ill. 3). Face à Delaroche, le Romulus vainqueur d’Acron d’Ingres (ill. 4), vient de revenir de son dépôt au Louvre et a pu retrouver la place qu’il avait prise en 1867 lorsque le pape Pie IX avait rendu le tableau à la France. Cette grande détrempe sur toile avait, à l’origine, été commandée à Ingres pour le second salon de l’Impératrice au palais de Monte Cavallo à Rome, et était restée à Rome à la chute de l’Empire. L’œuvre était déposée au Louvre depuis 1969. Elle n’a pas été touchée par l’inondation.


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3. Décor de l’amphithéâtre après restauration
Photo : Didier Rykner
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4. Le tableau d’Ingres, Romulus vainqueur d’Acron
de retour à l’École nationale supérieur des Beaux-Arts
Photo : Didier Rykner
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Depuis sa nomination comme directeur de l’École des Beaux-Arts, Jean-Marc Bustamante a montré une conscience patrimoniale qu’on aimerait voir plus souvent à la tête de cet établissement. Il poursuit la politique de restauration (il y a beaucoup à faire) et vient d’obtenir pour les collections le label « Musée de France », ce qui est une excellente nouvelle. Outre que celles-ci sont donc désormais officiellement inaliénables, cela facilitera son intention d’ouvrir encore davantage l’établissement au public. Nous aurons l’occasion, en septembre, de l’interroger sur tous ces sujets dans une émission de La Semaine de l’Art.


Didier Rykner, jeudi 13 juillet 2017





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