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Nouvelle inondation à la Bibliothèque nationale


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La salle de consultation du département des manuscrits
de la Bibliothèque nationale de France
Photo : David Monniaux (CC BY-SA 3.0)
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10/7/17 – Sinistre – Paris, Bibliothèque nationale de France – Il faudrait sans doute créer une rubrique spéciale dans La Tribune de l’Art pour parler des inondations touchant la Bibliothèque nationale, qu’il s’agisse du bâtiment Tolbiac ou désormais de celui de Richelieu (voir la brève du 18/5/17). Celui-ci vient une nouvelle fois d’en être victime dans un magasin conservant des manuscrits.

Bien entendu, on trouvera des explications : les pluies diluviennes qui se sont abattues cette nuit sur la capitale et qui ont occasionné d’autres inondations, dont celles dans les caves du ministère de la Culture (et donc dans ses archives). Mais cela n’en reste pas moins insupportable, car des averses aussi fortes ne sont pas vraiment exceptionnelles à Paris, et une architecture qui vient d’être refaite, surtout dans un lieu aussi sensibles que la BnF, devrait prendre ce risque en compte. On ne sait d’ailleurs pas encore exactement ce qui a causé ces débordements, puisque la zone touchée est à la limite des bâtiments rénovés et de ceux en cours de rénovation. Il pourrait s’agir d’un problème de bâchage insuffisant des travaux en cours, mais seule l’enquête pourra le dire. Si c’est le cas on aurait un nouvel exemple, avec l’incendie, des risques que font courir les chantiers pour les monuments historiques.

Ce qui est plus ennuyeux, et peut-être plus grave, c’est qu’il semble bien, selon plusieurs sources concordantes, que l’alarme n’ait été donnée que ce matin par le personnel de nettoyage, alors que l’inondation a duré toute la nuit. Laurence Engel, présidente de la BnF, nous a dit avoir à ce sujet eu des informations différentes, certains affirmant que les pompiers seraient intervenus très rapidement. Là encore, l’enquête devra établir la vérité.

Nous aurions aimé en savoir davantage sur les réels dégâts occasionnés par cette nouvelle catastrophe. Mais la transparence de la BnF a des limites, et si l’armée française sur les lieux de conflit sait gérer le suivi par des journalistes, manifestement les musées français ne sont pas encore prêts à les laisser entrer dans une zone sinistrée.
Selon nos informations, qui nous ont été confirmées pour une bonne part par Laurence Engel (qui n’avait encore pu se rendre sur place), l’inondation a touché un magasin contenant des manuscrits médiévaux en latin, dont certains remontent au VIIe siècle. Manifestement, une campagne récente de mise en boite des collections a permis d’éviter le pire en protégeant les œuvres et en empêchant qu’elles soient totalement imbibées. Une centaine de manuscrits ont néanmoins été touchés et humidifiés, alors que les parchemins, surtout enluminés, craignent l’eau plus que tout. Il faut espérer qu’aucune enluminure n’aura été gravement abimée, mais pour l’instant rien n’est moins sûr.

Nous suivrons particulièrement cette affaire et donnerons dès que nous le pourrons des informations sur les réels dégâts, ainsi que sur les responsabilités telles qu’elles auront pu être établie. Il est réellement inadmissible que notre patrimoine le plus précieux soit ainsi régulièrement mis en danger par l’eau, qu’elle provienne de la climatisation ou de pluies torrentielles.


Didier Rykner, lundi 10 juillet 2017





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