Peintures britanniques du Louvre : acquisition, exposition, publication (en attendant des salles...)


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1. Thomas Jones (1742-1803)
Vue du Monte Mario depuis le Tibre
Huile sur papier - 22 x 31 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : RMN-GP/M. Rabeau

24/11/14 - Exposition, acquisition, publication - Quimper, Musée des Beaux-Arts et Paris, Musée du Louvre - Comme l’écrit Guillaume Faroult, conservateur en charge de la peinture britannique au Musée du Louvre et co-commissaire de l’exposition présentée actuellement à Quimper, « De Gainsborough à Turner1 » : « Aujourd’hui [le Louvre] cherche un lieu adapté pour présenter dans toute sa mesure cet ensemble ». On aimerait beaucoup que le musée arrête de chercher et trouve enfin, même si ni Guillaume Faroult, ni Jean-Luc Martinez trop récemment arrivé, ne sont responsables de la situation actuelle (une portion congrue réservée aux peintures anglaises2).
On peut, néanmoins, s’inquiéter que cette question ne soit pas abordée par le président-directeur du Louvre dans la préface du catalogue. Il avait d’ailleurs été très évasif lorsque nous l’avions interrogé à ce sujet (voir l’interview). Espérons donc qu’une grande partie de la peinture anglaise ne finisse pas dans les réserves lensoises...

En attendant, c’était à Valence et maintenant à Quimper qu’il faut se rendre pour admirer une large sélection de 35 peintures de la collection du Louvre, complétée par 38 dessins du département des Arts Graphiques.
Nous n’avons vu ni l’une ni l’autre de ces expositions, et nous n’en parlerons ici qu’à travers leurs catalogues. En attendant celui, complet, qu’on espère voir publier un jour, il contient des notices très complètes sur ces œuvres.
On y découvre aussi une acquisition très récente puisqu’elle date de cette année : une Vue du Monte Mario depuis le Tibre par Thomas Jones (ill. 1) achetée auprès de la galerie Lowell Libson à Londres. Cette très jolie huile sur papier est la première de cet artiste à entrer dans les collections du Louvre.

Élève de Richard Wilson, il n’était connu que comme un peintre de paysages italiens classiques, qu’il réalisa sur une période d’une vingtaine d’années avant de se retirer pour vivre de ses rentes. Mais, en 1954, resurgit chez Christie’s, en provenance de ses descendants, un ensemble de petites huiles sur papier qui connurent rapidement un grand succès, le faisant « progressivement considérer comme un artiste visionnaire, inventeur du paysage réaliste moderne et en partie précurseur de la peinture en plein air, au même titre que son homologue français, le peintre Pierre-Henri de Valenciennes3 ».
C’est à cette veine qu’appartient l’œuvre acquise par le Louvre4 ; et il est vrai qu’elle est particulièrement séduisante.


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2. John Cranch (1751-1821)
Moines avec une lanterne dans
un paysage éclairé par la lune
, 1795
Huile sur toile - 59 x 73 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : RMN-GP/R.-G. Ojéda

À côté des pièces majeures que constituent par exemple La Conversation dans un parc de Gainsborough ou le Paysage avec une rivière et une baie dans le lointain de Turner, on signalera également quelques peintures moins connues, comme un Parterre d’eau à Versailles, anonyme, vers 1830, anciennement attribué à Bonington5, nom sous lequel elle est entrée au Musée du Louvre ou un très beau paysage nocturne avec des moines, sans doute inspiré d’un roman gothique, par John Cranch (ill. 2). Quant aux dessins britanniques, dont peu ont été acquis ces vingt dernières années (sept, dont deux Cozens - Alexandre, le père et John Robert, le fils6), on remarquera la parution dans ce catalogue d’une liste de ceux conservés au Louvre, en réalité un véritable catalogue sommaire établi par Véronique Goarin7.

Commissariat : Guillaume Faroult avec la collaboration de Marie-Pierre Salé, Hélène Moulin-Stanislas, Guillaume Ambroise, Sophie Kervran.

Sous la direction de Guillaume Faroult, De Gainsborough à Turner. L’âge d’or du paysage et du portrait anglais dans les collections du musée du Louvre, SilvanaEditoriale, 2014, 264 p., 30 €. ISBN : 9788836628940.

Acheter ce catalogue.

Lien vers le site du Musée de Quimper.


Didier Rykner, lundi 24 novembre 2014


Notes

1L’exposition a été présentée au Musée des Beaux-Arts de Valence du 29 juin au 28 septembre 2014. Elle est au Musée des Beaux-Arts de Quimper du 23 octobre 2014 au 26 janvier 2015.

2Au risque de froisser les Écossais, Irlandais et Gallois lecteurs de La Tribune de l’Art, nous parlerons ici indifféremment de peinture anglaise et britannique pour éviter des répétitions disgracieuses, même si nous n’ignorons pas, bien sûr, la différence entre ces régions du Royaume-Uni.

3Guillaume Faroult dans la notice du catalogue consacrée à l’œuvre.

4Elle provient du fonds d’atelier, mais avait été vendue en 1928 avec d’autres huiles sur toile et n’a donc pas été vendue en 1954 par Christie’s.

5Il l’est encore dans la base des photos RMN.

6Voir la brève du 27/12/06, et une miniature.

7Rappelons aussi l’existence de la base D’Outre-Manche, qui répertorie l’art britannique conservé en France.





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