Moins que rien...


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L’église Saint-Jacques d’Abbeville
en cours de démolition
Photo : Marc Roussel
(Licence Creative Commons)

Comment dire le haut-le-cœur qui nous saisit ? Fleur Pellerin ministre de la Culture, plutôt que de se rendre au Festival de l’histoire de l’art où elle était attendue, a préféré visiter Abbeville et son maire, Nicolas Dumont, pour parler « culture », mieux même, pour signer un « pacte culturel ».

Nicolas Dumont, rappelons-le, c’est ce maire qui a démoli une superbe église néogothique dans une ville déjà martyrisée par les bombardements de la Seconde guerre mondiale (voir nos articles). Une église dont, paraît-il, le clocher menaçait de s’effondrer et pour lequel deux jours ont été nécessaires pour l’abattre tant il tenait solidement. Une église que la mairie ne pouvait pas restaurer car elle n’avait soi-disant pas l’argent, alors qu’elle a finalement dépensé une grande partie de cette somme pour la démolir et aménager le square qui l’a remplacée.
Fleur Pellerin s’est donc engagée à maintenir le budget de la Culture de cette ville. Il est vrai qu’il y reste des églises à démolir, on ne sait jamais. Et puis, il y a ce musée Boucher-de-Perthes que la municipalité veut agrandir en construisant au pied du beffroi classé au patrimoine mondial de l’humanité.

Bref, il reste bien des choses à détruire à Abbeville, et nul doute que le maire saura faire bon usage de l’argent reçu. Il était donc nécessaire que la ministre de la Culture (qui est, rappelons-le, également en charge du patrimoine monumental), lui donne un petit coup de main.
Nous écrivions dans un précédent éditorial, à propos de la politique de Fleur Pellerin : « Rien ». On découvre désormais que c’est moins que rien1.


Didier Rykner, vendredi 29 mai 2015


Notes

1Sur l’action de Fleur Pellerin, et sur un tout autre sujet, on lira également ceci avec profit. Pire qu’Aurélie Filippetti, c’est une manière d’exploit.





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