Serres d’Auteuil : la démocratie selon Manuel Valls


Le premier ministre, cédant aux caprices d’une riche fédération sportive et d’une mairie de Paris ennemi du patrimoine, va donc signer les permis d’extension de Roland-Garros sur les Serres d’Auteuil. C’est ce que les associations ont appris en début d’après-midi du cabinet de la ministre de l’Écologie Ségolène Royal, pourtant opposée au projet. Un communiqué de Valls a confirmé que cela serait fait d’ici la fin de la semaine. Quelle belle démocratie que la France !

Nous ne rappellerons pas ici la totalité des faits et des rebondissements incessants qui ont marqué cette affaire depuis 2010. Nous lui avons déjà consacré 31 articles. Promesses reniées, mensonges, rapports truqués, fausse concertation, vandalisme programmé, écologie bafouée, démocratie locale ignorée, tout cela a émaillé ces presque cinq années. Les associations ont voulu jouer le jeu en allant jusqu’à proposer un contre-projet parfaitement viable mais que la FFT et la Mairie de Paris n’ont jamais sérieusement daigné examiner.

Avec la signature des permis de construire, c’est désormais une nouvelle étape qui va s’ouvrir. « Nous allons faire des recours contre les permis de construire. Ils veulent la guerre ? Ils l’auront » a déclaré Alexandre Gady, président de la SPPEF au Parisien. Et il est probable que le combat ne continuera pas que via les moyens judiciaires. Lors d’une conférence de presse qui s’est tenue ce matin (avant que l’on ne connaisse la nouvelle venant de Matignon), France Nature Environnement, l’une des trois associations en pointe dans ce combat, avec la SPPEF et les VMF, a précisé que si elles ne prévoyaient rien d’autre que des recours légaux, elle recevait de nombreux messages de sympathisants indiquant que, si les travaux devaient débuter, on verrait ici l’apparition d’une nouvelle Zone À Défendre.
Décidément, le gouvernement n’a rien appris de l’affaire de Sivens. La soi disant concertation qu’appelait de ses vœux le Président de la République n’est qu’un leurre. Une nouvelle fois, les citoyens vont devoir se battre contre leurs représentants qui déchoient. La Tribune de l’Art, qui revendique un journalisme engagé, est à leurs côtés.


Didier Rykner, mercredi 3 juin 2015


P.-S.

Les recours juridiques coûtent cher. Pour aider les associations à les financer, vous pouvez donner à la SPPEF pour les Serres d’Auteuil, à partir de cette page.





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