Mise en ligne de l’excellente base des Salons


11/6/16 - Internet - Remarquable. On ne peut être que dithyrambique à propos de la nouvelle base de données mise en ligne par le Musée d’Orsay, qui a travaillé sur celle-ci depuis plusieurs années, avec la collaboration de l’INHA et du service des musées de France. Elle a été créée, à l’origine, par Georges Vigne et Catherine Chevillot et est actuellement pilotée par Ophélie Ferlier-Bouat en lien avec Chantal Georgel. Son objectif est de mettre en ligne toutes les données contenues dans les livrets des Salons et des principales expositions de groupe en France, de 1673 à 1914. Les deux siècles précédant le champ couvert par Orsay sont donc également pris en compte. Cela concerne, bien sûr, les Salons parisiens, mais aussi ceux, beaucoup plus méconnus, organisés en province au XIXe siècle, ou encore les expositions impressionnistes ou des Rose+Croix. Les livrets de ces dernières sont tous dans les 211 déjà incluses dans la base, qui comprend également la série complète des Salons parisiens entre 1673 et 1873, et ceux de 1875 à 1879. Il reste encore a priori cinq ans de travail pour rendre la base complète. Le plus difficile parfois est de retrouver les livrets des salons provinciaux dont la trace n’a pas toujours été conservée.

Cet outil va rapidement devenir indispensable à tous les historiens de l’art travaillant sur la fin du XVIIe siècle au début du XXe, d’autant que son ergonomie est excellente et le temps de recherche quasi instantané (bravo au développeur). Le moteur de recherche permet de croiser beaucoup de critères relatifs au salon (année, ou sur plusieurs années, ville, type d’exposition), exposant (nom, informations biographiques, adresse, « élèves de ») et œuvre (titre par mot-clé, catégorie, propriétaire). Le principe est de ne donner que les informations disponibles dans les livrets, sans préciser, par exemple, les dates des artistes ou les biographies détaillées. Cependant, quelques précisions sur les œuvres ou les artistes peuvent être apportées qui ne sont pas dans les livrets, notamment la localisation actuelle ou le nom orthographié de manière standardisée (certains artistes sont par ailleurs orthographiés différemment suivant les livrets) ou qui se trouvent parfois dans le commentaire du livret mais qui sont ici identifiées dans un champ précis (nom du propriétaire, ou type/matériaux de l’œuvre). Des œuvres sont enrichies par une illustration, mais elles restent rares. Un champ commentaire peut apporter des précisions supplémentaires.
Les résultats d’une recherche peuvent être classés soit par salons, soit par le nom de l’exposant, soit par le titre de l’œuvre (trois onglets rouge, bleu et vert se trouvent en haut du résultat). Notons qu’un exposant égale « un artiste et un salon » : un artiste ayant participé à dix salons sera donc compté comme dix exposants.

Comme a tenu à le souligner Georges Vigne, vouloir mettre trop de choses dans la base revenait à ne jamais la faire, ou alors à ne la compléter que dans un siècle. C’est pour cette raison que le parti pris de ne retenir pour l’essentiel que les informations des livrets a été choisi. Cela explique sans doute que relativement peu de localisations actuelles sont indiquées (il faut dire qu’on ne les connaîtrait de toute manière que pour 15 à 20% des œuvres) et que rares sont celles qui sont illustrées. Signalons également, comme nous l’a rappelé également Georges Vigne, que certains livrets de Salons ont connu plusieurs éditions, avec des suppléments, et que des œuvres changeaient alors de titre. Là encore, il s’agira d’une évolution à prendre en compte, le Salon de 1855 par exemple, édité quatre fois, n’a été entré que pour la dernière édition.
Remarquons aussi qu’après avoir effectué une recherche, il est nécessaire, lorsque l’on revient au moteur d’effacer celle-ci, car les critères déjà entrés sont toujours pris en compte. Peut-être faudrait-il qu’ils soient effacés automatiquement à chaque nouvelle recherche.

On comprend ainsi ce que cette base apporte aux chercheurs. Si le dictionnaire Bellier-Auvray permettait, dans une certaine mesure, de connaître toutes les œuvres exposées par un artiste, il s’agissait essentiellement du Salon de Paris. On peut, désormais, faire des recherches sur une multitude de critères qui épargnera de longues heures, voire des journées entières à éplucher les catalogues des Salons. La base sera notamment intéressante pour les recherches par sujet, pratiquement impossible à réaliser de manière exhaustive jusqu’à aujourd’hui.


Didier Rykner, samedi 11 juin 2016





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