Le musée de Stockholm achète deux peintures de l’âge d’or danois


25/7/17 - Acquisitions - Stockholm, Nationalmuseum - Beaucoup de peintres de « l’âge d’or danois » partirent pour l’Italie à la suite d’Eckersberg qui s’y rendit entre 1813 et 1816 ; professeur à l’Académie royale des Beaux-Arts de Copenhague, celui-ci incarna le renouveau de la peinture, encourageant ses élèves à peindre d’après modèle vivant et à étudier la nature sur le motif (voir l’article).
Parmi ses élèves les plus fameux, Constantin Hansen et Martinus Rørbye ont eux aussi vécu en Italie, et ce sont deux de leurs peintures réalisées sur place qu’a pu acquérir le Nationalmuseum de Stockholm.


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1. Constantin Hansen (1804–1880)
Le Temple de Minerve Forum de Nervae
Huile sur toile - 35 x 27 cm
Stockholm, Nationalmuseum
Photo : Nationalmuseum
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2. Martinus Rørbye (1803-1848)
Loggia, île de Procida, 1835
Huile sur papier posé sur toile - 32 x 47,5 cm
Stockholm, Nationalmuseum
Photo : Nationalmuseum
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Le séjour italien de Constantin Hansen dura de 1835 à 1844. Le peintre est notamment l’auteur d’un tableau célèbre, Groupe d’artistes danois à Rome parmi lesquels on voit d’ailleurs Rørbye. L’œuvre que le Nationalmuseum a achetée dans la vente Bruun & Rasmussen du 31 mai 2016 pour 20 000 couronnes (2100), est une esquisse à l’huile, peinte en plein air, représentant le temple de Minerve sur le forum de Nerva (ill. 1). Elle a un temps appartenu à un autre peinte danois, Janus La Cour (1837-1909), réputé pour ses paysages.
Hansen, qui avait commencé par étudier l’architecture à Copenhague avant de se tourner vers la peinture, concentre ici toute son attention sur le monument, présenté dans un cadrage serré, sans aucune figure humaine pour perturber sa contemplation. Il saisit en quelques coups de pinceaux rapides la façade de l’édifice qui ressort sur le bleu du ciel, dans un camaïeu de bruns dont les nuances traduisent l’ombre et la lumière.

L’autre acquisition est une œuvre de Martinus Rørbye achetée dans une vente de Bruun & Rasmussen le 28 février 2017 au cours de laquelle elle a été adjugée 1 000 000 couronnes (105 000 €) (ill. 2). Le peintre séjourna une première fois en Italie entre 1834 et 1837. Il représente ici une simple loggia sur l’île de Procida au large de Naples en 1835. Il faut rapprocher cette composition de celle qui fut peinte trois ans plus tôt en 1832, par le Norvégien Thomas Fearnley et qui adopte un point de vue identique. Les deux artistes se trouvaient à Rome au même moment et il est fort probable que Rørbye ait vu la peinture de Fearnley ; on serait presque tenté de croire qu’il a conçu son œuvre directement à partir de celle de son compagnon, mais son journal témoigne de sa venue dans l’île de Procida en 1835.
La comparaison des deux peintures est intéressante : si le Norvégien saisit surtout une atmosphère dans une composition réduite à quelques grandes lignes et quelques grandes plages de couleurs, le Suédois a une approche photographique et multiplie les détails ; il ajoute un pot de terre contre le mur, une cruche noire sur la balustrade, un bateau sur la mer, et traduit avec beaucoup de minutie les jeux d’ombre et de lumière notamment dans les feuillages et sur le sol de la terrasse.
Rørbye réalisa trois versions de cette vue. Celle du Nationalmuseum fut peinte sur place, et gardée par l’artiste qui s’en servit de modèle pour ses compositions travaillées en atelier. Une autre se trouve dans les collections publiques danoises au Kunstmuseum d’Aarhus, la troisième, en collection privée, est complétée de personnages.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mardi 25 juillet 2017





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