Le musée de Stockholm acquiert trois peintures danoises


23/2/16 - Acquisition - Stockholm, Nationalmuseum - L’âge d’or danois est délimité par des dates précises : il court officiellement de 1818 à 1844 (ou 1848), étroitement associé à deux artistes célèbres de cette première moitié du XIXe siècle : Christoffer Wilhelm Eckersberg (1783-1853), surnommé «  le père de la peinture danoise », qui entra à l’Académie en 1818, et le sculpteur Bertel Thorvaldsen qui mourut en 1844, tandis qu’un musée fut consacré à son oeuvre en 1848.


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1. Christoffer Wilhelm Eckersberg (1782-1853)
Nu dans une chambre devant un lit
Huile sur toile sur panneau, 28,5 x 18,5 cm.
Stockholm, Nationalmuseum
Photo : Nationalmuseum
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2. Ludvig August Smith (1820–1906)
Le Modèle Cathrine Nielsen, 1839
Huile sur toile - 74 x 60 cm
Stockholm, Nationalmuseum
Photo : Nationalmuseum

Eckersberg séjourna à Paris entre 1813 et 1816, passa par l’atelier de David, puis se rendit en Italie avant de rentrer à Copenhague où il fut donc nommé en 1818 professeur à l’Académie Royale des Beaux-Arts.
Le musée de Stockholm a acquis deux tableaux qui témoignent de cet enseignement, acquis lors de la vente Bruun Rasmussen le 24 novembre 2015 : le premier est de la main d’Eckersberg lui-même et montre une femme nue se coiffant (ill. 1), adjugé 750 000 couronnes (100 000 euros) ; le deuxième est dû à l’un de ses élèves, Ludvig August Smith, qui présente... une femme nue, se coiffant (ill. 2) . L’étude de l’anatomie d’après modèle vivant était un exercice incontournable pour la formation des peintres. Christoffer Wilhelm Eckerbserg, notamment, fit travailler ses élèves à la lumière naturelle et non plus à la bougie le soir et, à partir de 1839, il proposa durant les mois d’été des séances d’études de nus féminins, en chair et en os, qui n’étaient jusque-là pas admis par l’Académie. Les carnets du maître permettent de connaître l’identité des étudiants et des modèles présents durant ces étés et la femme qu’il peint ici pourrait être Florentine, qui posa en 1840 et en 1841.

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3. Ludvig August Smith (1820–1906)
Intérieur avec une mère et son enfant à la fenêtre, 1853
Huilr sur toile - 48 x 42 cm
Stockholm, Nationalmuseum
Photo : Nationalmuseum

Une série de peintures de femmes nues est visible dans l’exposition consacrée actuellement à Eckersberg1 qui sera présentée à la Fondation Custodia à partir de juin. Cette série montre, comme dans le tableau de Stockholm, que le peintre camoufle l’exercice de l’étude anatomique en plaçant le nu au sein d’une scène du quotidien, dans un décor contemporain. Il mêle les références à l’antique aux détails naturalistes.

Ludvig August Smith assista au cours d’été d’Eckersberg, et le modèle qu’il représente, assis, de face, se tressant les cheveux, est très comparable à une peinture du maître conservée au Louvre. L’identité du modèle est connue : il s’agit de Cathrine Nielsen, embauchée dès l’été 1839. Le peintre étudie ici les effets d’ombre et de lumière sur la peau de la jeune femme, qui lui donnent un aspect sculptural, plus atténué chez Eckersberg.
Smith fut connu surtout pour ses peintures de genre, et au cours de la même vente, le Nationalmuseum a pu acquérir de lui un tableau montrant une mère et son enfant près de la fenêtre avec un jeu intéressant entre l’intérieur et l’extérieur (ill. 3). Le public danois aimait ces peintures qui saisissent un moment de vie de famille, dans un intérieur charmant, et sans doute l’enfant est-elle trop jeune pour qu’on puisse voir une quelconque symbolique dans l’oiseau en cage ?


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mardi 23 février 2016


Notes

1Statens Museum for Kunst, Copenhague, du 8 octobre 2015 au 24 janvier 2016, puis à la Hamburger Kunsthalle du 11 février au 16 mai 2016, puis à la Fondation Custodia de Paris, du 1er juin au 14 août 2016.





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