Le musée de Bilbao achète une vue de port par Luis Paret y Alcázar


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Luis Paret y Alcazar (Madrid, 1746-1799)
Vue du port de Bermeo, 1783
Huile sur cuivre - 60,3 x 83,2 cm
Bilbao, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Bilbao
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21/7/17 - Acquisition - Bilbao, Musée des Beaux-Arts - Peintre à la cour de Louis de Bourbon, frère du roi Charles III d’Espagne, Luis Paret y Alcázar se compromit dans les intrigues amoureuses du prince et tomba avec lui en disgrâce. Contraint à l’exil, il partit pour Porto Rico en 1775 et y resta jusqu’en 1778. Lorsque sa peine fut commuée en un éloignement d’au moins quarante lieues des résidences royales, il s’installa à Bilbao où il séjourna entre 1779 et 1787.
Il peignit en 1783 une vue du port de Bermeo, qu’il envoya au dauphin, le futur Charles IV, alors prince des Asturies, peut-être dans l’espoir de voir son exil prendre fin. L’œuvre, qui formait une paire avec une vue de port par tempête désormais perdue, fut placée dans la Casita de Abajo de l’Escorial où elle resta jusqu’à l’arrivée des troupes napoléoniennes.
C’est cette vue, peinte sur cuivre, qu’a pu acquérir le Musée des Beaux-Arts de Bilbao auprès des héritiers du collectionneur et mécène José Luis Várez Fisa (1928-2014) avec le soutien des Amis du musée.

Luis Paret y Alcázar, considéré comme l’une des grandes figures du rococo en Espagne, peignit des scènes de genres légères, mais aussi des peintures d’histoire ainsi que des vues topographiques. Celle-ci est d’autant plus intéressante que les représentations des Pays Basques à l’époque sont très rares. On distingue différents édifices historiques : à gauche l’église gothique de Santa Eufemia qui se dresse sur les hauteurs du vieux port et dont le cloché fut en partie reconstruit à partir de 1782, Paret la montre d’ailleurs en travaux ; puis la tour d’Ercilla, érigée à la fin du XVe siècle ; enfin, à droite, l’église Santa Maria de la Atalaya qui souffrit de plusieurs incendies et tomba en ruines avant d’être reconstruite au XIXe siècle. Le premier plan de la composition est animé par des barques de pêcheurs et des habitants sur les berges, dans des attitudes variées et gracieuses.
Le tableau eut du succès, au point d’être reproduit en pierres dures par l’atelier royal du Buen Retiro pour former un plateau de table.

Par la suite, en 1786, le roi Charles III lui-même commanda au peintre de représenter les ports de Cantabrie, un peu comme Louis XV commanda à Vernet la série des Ports de France. L’ensemble est aujourd’hui dispersé et l’on ne connaît pas exactement le nombre d’œuvres qui le composaient. Parmi celles qui sont localisées, deux vues de l’Arenal à Bilbao sont conservées l’une au Musée des Beaux-Arts de Bilbao, l’autre à la National Gallery de Londres, tandis que le Museo Cerralbo de Madrid possède une vue de Portugalete.

D’autres peintres réalisèrent des vues de ports et de marines pour Charles III, notamment Mariano Sánchez (1740-1822) ou encore Pedro Grolliez y Servier, ingénieur militaire d’origine française qui conçut une série de dessins entre 1782 et 1785 destinés à la gravure. Enfin, Alexandre-Jean Noël fournit des modèles pour une série de Vues de ports d’Espagne et du Portugal publiée à la fin du XVIIIe siècle. Néanmoins, Paret semble être le seul à avoir peint la côte basque, avec cette grâce et ces couleurs brillantes qui lui sont propres.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, vendredi 21 juillet 2017





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