La très belle restauration du boudoir Turc de Fontainebleau


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1. Le boudoir Turc de Fontainebleau
après restauration
Photo : Didier Rykner

6/5/15 - Patrimoine - Château de Fontainebleau - En septembre 2012, dans un article signalant le lancement d’un appel au mécénat par le château de Fontainebleau pour le boudoir Turc (voir la brève du 9/9/12), nous nous inquiétions du remplacement des tissus des sièges (le mobilier est de François-Honoré-Georges Jacob-Desmalter), posant la question du retissage plutôt que d’une simple restauration. Nous avions tort, car les travaux ont été menés avec soin et prudence, aboutissant à un résultat extrêmement satisfaisant. Une partie des velours d’origine a été conservé, notamment le revers du dossier de la méridienne, et celui recouvrant l’écran de cheminée. Sur certaines chaises et bergères, et sur la méridienne elle-même, des morceaux manquaient ou le velours était déchiré au delà d’une restauration possible. Pour conserver une certaine unité, et compte tenu de la nature du tissu, le remplacement a donc été privilégié. On peut discuter de ce choix, mais au moins la question a-t-elle réellement été posée et discutée. Et, il faut le dire, le nouveau tissu est très réussi, sans doute fort proche de l’origine, mettant réellement en valeur les meubles sans paraître trop neuf, comme le montre la vidéo ci-dessous (réservée aux abonnés).



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2. Jules-Hugues Rousseau (1710-1782) et
Jean-Siméon Rousseau (1747- ? après 1822)
Lambris du boudoir Turc de Fontainebleau
après restauration
Photo : Didier Rykner

Les autres tissus (la garniture de l’alcôve et les rideaux), de nature différente (taffetas galonné et draperie en gros de tours lamé or à décor vermiculé), sont d’origine et ont seulement été nettoyés, comme l’ont été les splendides lambris peints et sculptés par les frères Rousseau. Pour une fois, on peut réellement dire que cette restauration, menée sous la direction du conservateur Vincent Cochet et de l’architecte en chef des monuments historiques Patrick Ponsot, est, pour employer un mot galvaudé (et souvent faux quand il s’agit de monuments historiques), « exemplaire ». Le plafond, peint à l’huile sur plâtre et qui représente une ronde d’amour, est un peu plus tardif que le reste du décor. Débarrassé des nombreux repeints qui empêchaient de le juger, il est désormais attribué avec prudence à Jean-Simon Berthélémy en raison de la proximité de son style avec des plafonds réalisés par ce peintre en 1786 dans l’appartement de la reine. Sur la cheminée, seuls deux flambeaux d’une série de quatre étaient encore conservés : grâce à la galerie Aveline, une paire du même modèle exactement a pu être acquise par le château.

Signalons enfin qu’à l’occasion de cette restauration, un très joli ouvrage de Vincent Cochet et Alexia Lebeurre a été publié aux éditions Monelle Hayot. Il relate, avec de nombreuses illustrations, l’histoire du boudoir, à l’origine destiné à Marie-Antoinette puis remeublé pour Joséphine.

Vincent Cochet et Alexia Lebeurre, Refuge d’Orient. Le boudoir Turc de Fontainebleau, Éditions Monelle Hayot, 2014, 208 p., 39 €. ISBN : 9782903824976.

Ce livre paraît le 16 mai. Il sera rapidement disponible sur la librairie en pré-commande.


Didier Rykner, mercredi 6 mai 2015





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