Euro : Hidalgo mise en demeure de retirer les publicités illégales


Le sport, du moins celui des professionnels, est décidément l’ennemi du patrimoine. On le voit à propos de Roland-Garros, avec les menaces qui pèsent sur le château et le parc de Grignon où le PSG veut installer son centre d’entrainement, mais aussi pour l’Euro et sa « fan zone » qui occupe pendant un mois le Champ-de-Mars, site classé dont on ne sait pas très bien dans quel état il sera après avoir été piétiné par des dizaines de milliers de supporteurs pendant un mois…
L’Euro, en plus, pollue une grande partie de Paris avec des publicités illégales affichées un peu partout comme l’a rappelé Sites et Monuments (nouveau nom de la Société pour la Protection des Sites et de l’Esthétique de la France) dans un courrier recommandé avec accusé réception envoyé à la maire de Paris Anne Hidalgo, lui demandant de faire retirer cet affichage en infraction. L’association a par ailleurs déposé plainte contre X auprès du procureur de la République.


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1. Bannières publicitaire sur l’éclairage public, rue de Rivoli
Photo : Sites et Monuments
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2. Bannières publicitaires aux abords de l’Arc-de-Triomphe
Photo : Sites et Monuments

Les publicités sont illégales pour trois raisons principalement, qui peuvent se cumuler : parce qu’elles sont posées sur des éclairages publics (ill. 1), ce qui est interdit par le code de l’environnement (article R. 581-22), parce qu’elles se trouvent dans des zones où le règlement local de publicité de Paris l’interdit (abords de l’Arc de Triomphe - ill. 2) et Quais de Seine), mais aussi sur des monuments classés (Hôtel de Ville, Pont d’Iéna…) et sur des sites classés (le Champ-de-Mars dont nous parlions plus haut et les Champs-Élysées - ill. 3) - notamment).


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3. Bannières publicitaires sur les Champs-Élysées
Photo : Sites et Monuments
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4. Marques enregistrées par l’UEFA (copie d’écran)

Il s’agit bien de publicités. Non seulement les 17 marques sponsors du championnat d’Europe sont présentes sur ces bannières, mais on y trouve également des marques déposées par l’UEFA (ill. 4). Comme le précise l’association : « les bannières ne renvoient pas au « championnat d’Europe de football », dénomination retenue par les textes officiels, mais à l’« UEFA EURO 2016TM », nom déposé comme marque par l’UEFA le 22 août 2011 à la World Intellectual Property Organization. Le nom « EURO 2016 », également déposé, correspond aussi à la dénomination sociale de la SAS organisatrice du championnat, détenue à 95% par l’UEFA et à 5% par la Fédération Française de Football. Le nom « UEFA EURO 2016TM » est toujours accompagné d’un logo (trophée du championnat placé dans un cercle), également déposé par l’UEFA le 4 décembre 2013 ».
Sites et Monuments constate que cette situation est d’autant plus inacceptable « que la ville dispose de milliers de supports publicitaires sur son mobilier urbain (pouvant par conséquent accueillir les logos de l’UEFA et des marques associées) ainsi que de nombreux mâts porte-affiches notamment consacrés à « l’annonce de manifestations […] sportives » (R. 581-46 du code de l’environnement), susceptible d’avertir (sans mention de marques) - si toutefois cela était utile - de l’organisation dans la capitale du championnat européen de football ».


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5. Publicités devant l’École Militaire
Photo : Sites et Monuments
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6. Écrans géants sur le Champ-de-Mars, devant la tour Eiffel
Photo : Sites et Monumens

Le résultat est visible un peu partout dans le centre de Paris, qui est littéralement envahi par la publicité, comme le démontrent les quelques photos que nous publions ici. Le plus scandaleux est sans aucun doute le traitement réservé au Champ-de-Mars et à l’École militaire (ill. 5), où s’affichent partout des logos totalement prohibés en ces lieux. Sans même compter les huit écrans géants prévus pour diffuser les matchs, qui montrent également, tous les quart d’heures, des spots publicitaires (ill. 6) !
Le courrier de Sites et Monuments est édifiant tant le nombre d’irrégularités est grand. La loi, manifestement, ne concerne pas le sport ni la Mairie de Paris pourtant chargée de faire respecter son propre règlement local de publicité.
La même association avait demandé à la Mairie de Toulouse le retrait des banderoles qui saturaient le Capitole pour annoncer l’Euro. Faisant preuve d’une rare capacité d’écoute, la ville avait très vite répondu favorablement et enlevé l’essentiel de ces bannières. On est impatient de connaître la réponse donnée par la Ville de Paris à la demande légitime de la SPPEF1.


Didier Rykner, samedi 18 juin 2016


Notes

1Nous avons interrogé la mairie par courriel le 16 juin, pour l’instant en vain.





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