Entretien avec Jean Bonna Contenu abonnés


jpg-jean_bonna-jpgComment avez-vous commencé à collectionner les dessins ?

Je le dis dans ma préface. J’étais bibliophile depuis toujours. Or, les livres du XVIe siècle sont très souvent illustrés. De là, je me suis intéressé à la gravure, puis au dessin. Par ailleurs, j’ai toujours aimé l’art pictural. Le dessin a quelque chose de plus immédiat et il est plus abordable que les tableaux. Même si cela est moins vrai maintenant : pour certains artistes, les dessins sont devenus plus chers que les tableaux, ce qui est très bizarre. Mais il est presque impossible de faire une collection de tableaux de toutes les époques et de tous les pays, contrairement aux dessins.

En dehors des livres et des dessins, collectionnez-vous d’autres objets ?

J’ai quelques terres-cuites, quelques bronzes, deux ou trois tableaux, mais cela reste des objets plutôt décoratifs. J’ai des estampes, en général des épreuves rares et de grande qualité, et des autographes. Le papier est mon domaine.
Pour vos livres, vous avez un ex-libris, mais pas de marque de collection pour vos dessins, pourquoi ?

En réalité, j’ai une marque de collection, qui est identique, en plus petit, à mon ex-libris, mais il est placé au dos des feuilles. Quand les marques sont sur le recto, je trouve que cela abime les dessins.

Cette marque n’est pas reproduite dans le catalogue. Sera-t-elle dans la prochaine édition du Lugt des marques de collection, que prépare la Fondation Custodia ?

Oui, elle sera reproduite dans le Lugt.

Est-ce qu’il vous arrive de revendre certains dessins, parce que vous ne les aimez plus ou parce que vous voulez en acheter de plus importants ?

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1. Claude Lorrain (1604/05-1682)
Paysage littoral avec un combat
sur un pont

Plume et encre brune, lavis, reahuts de blanc -
17,5 x 23 cm
Genève, collection Jean Bonna
Photo : Patrick Goetelen
Voir l'image dans sa page

Cela ne m’est jamais arrivé, alors que cela m’arrive souvent pour les livres. Une des raisons est que le livre n’est pas unique, contrairement au dessin : on peut toujours trouver un plus bel exemplaire, sauf si on a déjà le plus bel exemplaire connu. Par exemple, j’ai avec moi un Ulysse de James Joyce que je viens d’acheter, alors que j’en avais déjà un. Mais celui-ci est plus beau.
Une autre raison est que je collectionne les dessins depuis moins longtemps. Enfin, je n’achète que ce que j’aime. Il n’y a pas un dessin dont je pense que je n’aurais pas dû l’acquérir, à part deux feuilles dont on s’est aperçu, lors de la préparation du catalogue, qu’elles étaient des copies ou des "à la manière de". Les marchands les ont repris. Je peux avoir plusieurs dessins d’un même artiste et dans ce cas j’essaye d’avoir toutes les facettes de son génie : j’ai quatre Boucher, quatre Watteau, trois Claude Lorrain (ill. 1). Je les aime tous. Si je trouve un nouveau Lorrain, je l’achèterais certainement.
Quant à la gravure, c’est plus proche des livres, on peut souvent acheter une meilleureépreuve. Donc cela peut m’arriver de revendre.

On lit…

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