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Venise et l’Orient

Stéphane Guégan

Paris, Institut du Monde arabe. Du 3 octobre 2006 au 18 février 2007.

1. Lorenzo Lotto (1480-1557)
Portrait de Giovanni della Volta et de sa famille, 1547
Huile sur toile - 104,5 x 138 cm
Londres, National Gallery
© Londres, The National Gallery
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On dit parfois que les miroirs et autres objets dont les romantiques français ont meublé leurs scènes orientales et leurs harems fantaisistes sont de fabrication vénitienne... Delacroix et ses contemporains n’y auraient vu que de feu. Qui leur jettera la pierre après avoir parcouru l’exposition de l’IMA, l’une des plus excitantes et mieux mises en scène du moment ? S’agissant des arts décoratifs à partir du XIVe siècle, il est en effet parfois très difficile de dissocier ce qui relève des foyers d’Orient – de l’Égypte mamelouke à la Turquie ottomane – et ce qui revient à la Sérénissime. D’une rive l’autre, à la faveur de plusieurs siècles de guerre et d’échanges intensifs, et en dépit du barrage des religions, la connaissance de l’infidèle a ébauché une communauté artistique et culturelle, a permis un certain regard, qu’il nous est possible désormais de mieux comprendre. Sans idéaliser cette complicité, on ne peut qu’être sensible, aujourd’hui plus que jamais, à leçon de tolérance mutuelle, de compréhension bilatérale, qu’elle nous adresse et même nous inflige. On aimerait que toutes les expositions qui touchent à l’orientalisme européen aient à la fois ce courage et cette lucidité-là.

2. Vittore Carpaccio (connu à partir de 1472 - 1525/1526)
La prédication de saint Etienne à Jérusalem, vers 1514
Huile sur toile - 148 x 194 cm
Paris, Musée du Louvre
© RMN/Gérard Blot/Jean Schormans
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Les liens de Venise et de la Méditerranée orientale se nouent vraiment au IXe siècle. Le commerce, on l’a dit, est décisif dans ces épousailles de raison ; significative aussi est la translation des reliques présumées de saint Marc, d’Alexandrie au palais ducal. Sous la protection du martyr et de son lion plein d’appétit, le grand canal jette…

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